Dorian Gray, Vingtième Théâtre

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Critique de Dorian Gray, d’après Oscar Wilde, vu le 24 août au Vingtième Théâtre
Avec Gregory Benchenafi, Gilles Nicoleau, Laurent Maurel, Caroline Devismes et Stefan Corbin, mis en scène par Thomas Le Douarec

J’avais déjà vu le spectacle à Avignon … mais à Paris en Août, les spectacles n’abondent pas. Et comme j’aime assister aux premières ; que je n’avais pas détesté la pièce, et que cela faisait 8 jours que je n’étais pas allée au théâtre … « allez, on y retourne ! »

C’est l’histoire de Dorian Gray… un jeune homme, très beau, qui rencontre un peintre, nommé Basil, lors d’un soirée organisée par une lady … Ils deviennent amis, et Basil, subjugué par la beauté de son nouveau camarade, lui propose de peindre son portrait grandeur nature. Dorian accepte. Mais alors qu’il pose, sir Henry, dit Harry, ami de longue date de Basil, lui rend visite. Et cette rencontre entre Dorian et Harry change tout pour notre jeune héros … en effet, Harry complimente d’abord Dorian sur sa beauté, mais il lui tient également des discours étonnants sur la jeunesse … discours qui vont décider le beau jeune homme à échanger son âme contre la jeunesse éternelle … Et cela s’opère au moyen de son tableau ; il change de « place » avec celui-ci, dans la mesure où Dorian gardera toujours sa jeunesse et sa beauté, il ne changera pas au fil des années, alors que son tableau vieillira, et portera les marques de la noirceur de son âme …

L’histoire est merveilleuse. Rien n’est changé, ils ont juste supprimé une scène présente dans le célèbre roman d’Oscar Wilde, ce qui n’empêche en rien la compréhension de l’histoire. Pour expliquer mes impressions, je vais devoir séparer la pièce en plusieurs parties.

Tout d’abord, le début. Le lancement de la pièce. Pour tout vous avouer, j’ai ri. J’ai ri car ils en font trop, j’ai ri car cette scène, juste avant de rentrer dans l’histoire, semble inutile, j’ai ri car la morale « de surface » (celle à laquelle le lecteur pense en premier, avant d’approfondir la question et de se rendre compte que l’auteur a fait passer plus d’une idée dans son roman), plutôt implicite dans le roman, est déclarée ici haut et fort, à plusieurs reprises, ce qui donne un effet un peu lourd … « L’âme est un bien précieux, on peut l’acheter et la vendre … » 1 fois, d’accord. Mais quand les acteurs, avec des capes noires, dans une ambiance (musique, lumières) sombre, le répètent sans s’arrêter … Non, vraiment, je n’ai pas trouvé cela intéressant, cela n’apportait rien … le texte peut parler de lui même, et, si la pièce est bien faite, le spectateur doit parvenir à trouver, seul, cette morale. Mais ce détail, je l’accorde, n’est pas non plus d’une importance capitale ; le metteur en scène a fait un choix, il doit donc y avoir une raison. Je ne m’attarde donc plus sur ce point.

La pièce commence. J’étais à la première, les acteurs sont tendus, raides, et ne parviennent pas à entrer dans leur rôle – enfin, c’est l’impression qu’ils donnent. Malgré tout, on est immédiatement séduit par le jeu de Laurent Maurel, dans le rôle d’Harry : il est cynique à souhait, comme le veut son rôle – ses pensées immorales, mais très spirituelles, font grand effet sur le public ; il est, d’après moi, le meilleur acteur de cette distribution. Basil, incarné par Gilles Nicoleau, est également très bon ; son rôle semble plus difficile que celui de Harry, dans la mesure où il doit jouer un homme qui connaît un sentiment nouveau, celui de la passion … pour un autre homme. Mais quand arrive Grégory Benchenafi … l’effet attendu n’est pas le bon. Il ne se tient pas bien sur scène, en tout cas, lorsqu’il joue – il est bien meilleur lorsqu’il chante, mais j’en reparlerai. Les bras ballants, le visage fixe, la voix toujours sur le même ton, il ne parvient pas à étonner le spectateur. Et ce, tout au long de la pièce. C’est dommage, car c’est tout de même le personnage principal … Enfin, le dernier personnage est une femme : Caroline Devismes, qui tient tous les rôles de femmes de la pièce (3 différentes il me semble). C’est une bonne actrice, bien que sa voix ne porte pas énormément.

Il faut maintenant que je parle, malheureusement, d’un autre élément que j’ai trouvé à moitié utile. Je m’explique : il arrive un moment dans la pièce, où le temps doit passer. Une ellipse, en quelque sorte. Alors Basil et Harry, devant nos yeux, se teignent les cheveux et la barbe en gris : cela est une très bonne idée. Mais pendant ce temps, Dorian Gray nous explique son passe-temps favori (les femmes) à l’aide d’une chorégraphie très moyenne  … c’est l’autre moment du spectacle où j’ai bien ri ; c’est très prévisible : il arrive avec un gilet sans manche, sans rien dessous. Évidemment, lors de sa chorégraphie avec la femme, elle lui arrache son gilet et il se retrouve alors torse nu, pour le plus grand plaisir de ses fans (photo ici)… Voilà qui n’était peut-être pas nécessaire, vous ne pensez pas ?

A présent, il faut que je vous signale quelque chose, si vous ne le saviez pas encore : c’est un spectacle musical. Voilà encore quelque chose que j’ôterais (ou du moins je ferai en sorte de changer les paroles)… Les musiques sont bien (composées par Stefan Corbin, qui accompagne les chants au piano ; c’est d’ailleurs un très bon pianiste que j’ai beaucoup applaudi), mais les paroles … les refrains des différentes chansons sont « Tu as volé mon âme, Dorian », « Ne m’abandonne pas, pardonne moi », ou encore « Tu as tué mon amour, pour toujours » … Les paroles ne sont pas très recherchées et n’ajoutent rien au texte. Malgré tout, les comédiens chantent tous très bien, notamment Grégory Benchenafi, qui était à l’affiche de Mike la saison dernière. Il a une voix magnifique et, si les paroles n’étaient pas les mêmes, ce serait un réel plaisir de l’écouter. Car là, on ne parvient qu’à l’entendre …

Enfin, j’aimerais parler de la fumée… C’est un élément que je n’aime pas beaucoup au théâtre, car je ne le trouve pas souvent utile. Et là, elle est beaucoup trop présente pour être toujours réellement utile. Au début : l’ambiance brumeuse de Londres … d’accord. Mais après ? Je ne me souviens pas de tous les instants où elle est utilisée, mais je me souviens bien m’être dit à plusieurs reprises « pourquoi mettent-ils de la fumée ? ».

Pour conclure, bien que bon nombre de choix de mise en scène ne m’aient pas plus, on passe un bon moment – car après tout, lorsque je dis que « j’ai ri », même si ce n’est pas vraiment en accord avec un tel texte, je n’ai pas dit « je me suis ennuyé » (même si parfois, on frôle l’ennui).  Et je ne change pas d’avis, mon dernier mot sera : pourquoi pas ?

 

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