#OFF17 – J’ai bien fait ?

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Critique de J’ai bien fait ? de Pauline Sales vu le 15 juillet 2017 au Théâtre 11
Avec Gauthier Baillot, Olivia Chatain, Anthony Poupard, Hélène Viviès

Avec le nombre croissant de spectacles au Festival OFF, il est assez normal de voir apparaître de nouveaux lieux de spectacles : c’est le cas par exemple du Théâtre 11, né d’une association entre le Gilgamesh et le Belleville, qui ouvre 2 salles sur le boulevard Raspail. C’est sur les conseils de Gladscope mais également pour découvrir ce nouveau lieu que j’ai voulu voir ce spectacle qui m’apparaissait comme une balade philosophique autour des questions existentielles, ce qui semblait plutôt rejoindre mon humeur du moment.

Une femme, Valentine, se réfugie chez son frère qu’elle ne voit jamais. C’est déjà un début étrange et dont on sent qu’il cache quelque chose de lourd : la tension est déjà là. Elle prend des nouvelles de manière évasive mais semble préoccupée par autre chose. Elle lui explique qu’elle va rester quelques jours, durant lesquels elle retrouvera une de ses anciennes élèves, Manhattan, qui est femme de ménage chez son frère. Elle se souvient d’elle comme une élève prometteuse, qui écrivait, qui se cultivait, mais qui refusait de se soumettre à l’ordre imposé. Finalement inquiet, le mari de Valentine finira également par les rejoindre, en homme amoureux ne voyant pas le désespoir grandissant de sa compagne.

Cette intrigue n’est qu’une excuse à l’exposition de questions fondamentales, et pour ma part omniprésentes dans mon quotidien. Ces quatre personnages ne représentent que des grands piliers à ces questions, sortes de stéréotypes formant les points de départ des différentes interrogations. Le professeur, celle qui éduque, celle qui transmet, ne croit plus à cette valeur de partage. Elle sent le gouffre monter entre elle et ses élèves : comment parvenir encore à les intéresser à des choses dont ils ne perçoivent pas le lien direct avec leur monde d’aujourd’hui ? Son frère, l’artiste, lui aussi semble avoir abandonné. Derrière lui se cache la question de l’utilité de l’art, de l’intérêt qu’il peut susciter, de l’engouement qu’il peut créer. Peut-il encore rassembler, a-t-il encore sa place, aujourd’hui ?

Manhattan, elle, est de l’autre côté. Elle est du côté de la jeunesse, ceux qui ne comprennent pas forcément les différents délires adultes des deux précédents personnages. Elle est de ceux qui laissent leur vie se dérouler comme elle arrive sans forcément écouter ceux qui l’entourent et lui disent de se prendre en main. Peut-on être heureux sans l’avoir décidé ? Enfin, le mari de Valentine, ce scientifique convaincu, représente l’ordre, celui qui ne se pose pas forcément les questions qui chamboulent tout et portent leur foi dans les résolutions mathématiques. Quelque part, il représente un ordre que tous les autres semblent avoir oublié.

Le spectacle est très bien conçu. Il parvient à questionner, à étonner, à titiller l’esprit du spectateur tout en livrant une histoire sinon crédible, du moins intéressante. Le risque était de ne s’intéresser qu’aux questions à poser en oubliant la trame dramatique : l’erreur est ici brillamment évitée. De plus, je n’ai soulevé ici que quelques notions abordées lors du spectacle, mais celui-ci va plus loin puisqu’on apprend finalement la raison de l’évasion soudaine de Valentine, et les nouvelles interrogations qu’elle apporte met le spectateur face à sa propre réalité, son quotidien tranquille et confortable, son apport au monde.

De quoi créer de belles introspections à la sortie de ce spectacle. ♥ ♥ ♥

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