Cabaret, Théâtre Marigny

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Critique de Cabaret, d’après le film du même nom, vu le 20 décembre 2011 au théâtre Marigny
Acteurs : Claire Pérot, Emmanuel Moire, Geoffroy Guerrier, Patrick Mazet, Catherine Arditi, Pierre Reggiani, Delphine Grandsart, Cathy Arondel, Joseph-Emmanuel Bascardi, Vanessa Cailhol, Pia Lustenberger, Franck Mignat, Amélie Munier, Xavier Rachet, Tristan Robin, Audrey Senesse, Camille Artichaut, Adrien Biry, Marianne Devos, Julie Galopin, Pierre Lamiraud, Lionel Losada, Marie-Laure Ravau, Orchestre : Jean-Philippe Batailley, Philippe Cadou, Stan Cramer, Benoît Dunoyer de Segonzac, Marc Giglio, Daniel Glet, Didier Guazzo, Olivier Moret, Xavier Pebayle, Erick Poirier, Davier Pouradier-Duteil, Lorenz Rainet, Mathieu Serradell ]

J’avais vu ce spectacle lors de son premier passage à Paris en 2008 … J’avais à peine 12 ans, et j’avais déjà adoré. Mais là ! Je me demande même si je vais arriver à dormir… Je vote sans hésiter pourCabaret comme meilleur spectacle de la saison (aux côtés de Diplomatie, dans un genre très différent) ! C’est superbe, merveilleux, magnifique, extraordinaire, génial, spendide, indépassable, fabuleux, prodigieux, sensationnel, formidable … Et j’en passe.

C’est l’histoire de Cliff Bradshaw, jeune écrivain américain, qui vient chercher l’inspiration dans la capitale allemande, dans les années 30. Il y rencontrera entre autres Sally Bowles, qui se produit dans le Kit Kat Klub, un cabaret allemand, où se passe une grande partie de l’action … Les deux jeunes gens deviendront bien vite amants, mais leur histoire et celle de ceux qui les entourent seront bien vite tourmentées par la montée du nazisme … 

C’est donc dans un cabaret que l’on arrive, lorsqu’on entre dans la salle. Une atmosphère un peu enfumée, des lumières assez « flashy », des femmes plutôt aguicheuses avec le spectateur, tout est fait pour nous mettre dans l’ambiance. Le décor est impeccable, car il est simple mais ne manque de rien : on distingue aisément les 3 tableaux différents, à savoir le Kit Kat Klub, la chambre de Cliff, et le hall de l’auberge que tient Fraulein Schneider (Catherine Arditi), où la majorité des personnages logent. L’orchestre joue « en live », en « haut » de la scène (voir photo ci-dessous), ce qui rend l’histoire encore plus « vraie » … 

Toute la pièce est menée, en quelque sorte, par le Maître de Cérémonie (Emcee), incarné par Emmanuel Moire. J’avais assisté à la performance de Fabian Richard, et je craignais un peu le changement. Mais l’acteur qu’on connaissait surtout en tant que jeune Louis XIV fait des merveilles ; dans un autre genre que son prédecesseur, il tient parfaitement ce rôle et est cynique, étrange, et excentrique à souhait. Son talent est indéniable, et il chante aussi bien qu’il joue, ce qui n’est pas peu dire ; il nous fait passer du rire aux larmes, et le spectateur rit beaucoup durant la chanson d’entrée en scène, celle que tout le monde connaît, « Wilkommen », alors qu’il est particulièrement émouvant lorsqu’il chante « Je m’en fous », une des dernières chansons de la pièce. 

L’autre personnage phare de la pièce, c’est bien sûr Sally Bowles, rôle tenu depuis la création par Claire Pérot. On n’imagine pas une autre actrice, le rôle semble fait pour elle… Elle est tout simplement épatante : c’est elle qui tient le plus de parties chantées après Emcee, et sa voix est fabuleuse… Je me demande d’ailleurs comment une voix aussi puissante et sublime peut-elle sortir d’un corps aussi menu ? Le fait est que lorsqu’elle chante Cabaret, on est ému aux larmes : c’est absolument remarquable. De plus, elle a un jeu parfait et ne semble avoir aucune faiblesse ; elle est aussi talentueuse sur les dialogues plutôt gais que ceux dont le ton est plus grave. 

Le duo Catherine Arditi (Fraulein Schneider) et Pierre Reggiani (Herr Schultz) est également excellent : ces deux amants dépassés par le temps et qui aimeraient se marier, mais que les nouvelles politiques allemandes empêchent … C’est un véritable déchirement de les voir obligés de se séparer, alors qu’ils étaient si prêt d’un but qui était apparu si long à atteindre … Jeux et voix à nouveau sans défaut …

Trouvera-t-on enfin une faille dans ce spectacle ? Je ne pense pas. A vrai dire, c’est impossible. Tout est parfait. Les danseuses sont brillantes, l’orchestre est grandiose, et tous les autres personnages sont tout aussi admirables : je pourrais encore parler de Geoffrey Guerrier, alias Cliff, amoureux de Sally, jeune et naïf au début, mais qui évolue rapidement et finit par choisir de fuir l’Allemagne qui dérape… ou encore de Patrick Mazet, ami de Cliff, mais qui se verra éloigné de ce dernier à cause de ses opinions politiques, ce qu’il ne souhaitait pourtant pas … J’aurais encore tant de choses à écrire, mais je pense que le théâtre est fait pour être vu, donc … 

COUREZ-Y !

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