5 ans, déjà !

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5 ans déjà ont passé depuis l’ouverture de ce blog. Ma vie de tous les jours, ma vie d’étudiante, a bien évolué depuis. De lycéenne, je suis passée à élève de prépa, et finalement intégrée, depuis cette année. La vie d’intégrée n’a rien à voir avec celle que j’ai vécue jusqu’alors, et j’ai de beaux projets pour le blog, notamment essayer de rencontrer plus d’acteurs cette année, et d’être encore plus présente sur les réseaux sociaux.

En parlant de réseaux sociaux, je m’aperçois que pour mes 4 ans l’an passé, je fêtais 1400 followers sur Twitter. Vous êtes fous, chers amis, car aujourd’hui j’en fête 2500, soit plus de 1000 que l’an passé… Quel bonheur de voir que nous sommes si nombreux à partager autour de cet art si merveilleux qu’est le théâtre. Continuons à nous enthousiasmer ainsi, à nous rencontrer grâce entre autres aux Gladparty, à nous contredire et à nous retweeter !

Mon double, MDT, a donc déjà 5 ans. Quand je pense que moi même je fêterai mes 20 ans le mois prochain, tous ces chiffres me semblent bien imposants. Il faut tenter de garder son âme d’enfant, de manière à toujours s’émerveiller au théâtre, toujours souhaiter être ébloui, ému, étonné, ou impressionné. Il faut que chaque soirée soit une nouvelle fête, que jamais aller au théâtre ne devienne une habitude, et la critique, un travail.

Ne pas être oppressé par une société qui nous dicte ce que l’on doit être et ce que l’on doit faire : amis artistes, créateurs, auteurs, public, j’espère que nous défendrons notre art jusqu’au bout. Dans un pays où la culture passe malheureusement en second plan, dans un pays où nous avons tendance à oublier que la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert, il faudra sans doute se battre, avec nos propres armes, pour continuer à la faire vivre, et à l’élever.

Mais je m’égare. Merci donc d’être si nombreux à me suivre, merci pour vos retours, merci de faire vivre le blog. Vive le théâtre !

Un quatrième anniversaire…

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Il y a quatre ans, une après-midi, j’ai décidé de créer ce site. Sans d’autre intention que de ne pas oublier, de laisser une trace écrite des spectacles que je voyais, des pièces qui me touchaient profondément et des mises en scènes qui me laissaient perplexe. Je n’ai pas assez confiance en ma mémoire pour cela, et je sais que mes souvenirs finiront par être trop flous pour me rappeler l’enthousiasme d’un soir. Alors j’ai eu ce besoin d’écrire. Jamais je n’aurais cru que j’aurais des lecteurs réguliers, que je rencontrerais des gens du métier, que je bénéficierais d’invitations pour certains spectacles, qu’on me contacterait en tant que « critique théâtrale ». Je ne peux donc pas dire que c’est un rêve qui se réalise. C’est beaucoup plus que ça.

Pour cet anniversaire de blog, je tenais à vous remercier. Merci de faire vivre le blog, de lire les critiques et de les partager. Merci pour vos retours par courriel, merci également à toutes ces personnes qui me contactent pour me parler de théâtre et que je lis toujours avec une attention particulière – je vous prie de m’excuser si je n’ai pas toujours le temps de répondre. Je lis tous vos messages avec attention, ils me touchent et m’encouragent à continuer.

J’ai eu un joli cadeau pour fêter ce quatrième anniversaire : 1400 followers sur mon compte twitter, pourtant ouvert plus d’un an après le blog lui-même. J’espère continuer à faire cela longtemps. A écrire sur les pièces que je vois, à publier, puis à défendre encore mon avis face à ceux qui sont de l’avis opposé. Argumenter pour défendre une pièce de théâtre, c’est une belle bataille.

4 ans donc que j’ai créé MDT, et qu’en quelque sorte, je me suis dédoublée : étudiante en prépa de jour, théâtreuse de nuit. Mon rêve ? Vivre de nuit.

MERCI ET VIVE LE THÉÂTRE

Pourquoi le théâtre ?

Merci à Véronique Vella pour cette superbe photo de la Salle Richelieu

Prépa scientifique et passionnée de théâtre. Cette description est quelque peu oxymorique. Et pourtant, l’un n’empêche pas l’autre. J’apprends la chimie, la pharmacie, la chirurgie, et tout le crédit d’un grand Seigneur peut à peine me mettre à la main une lancette vétérinaire ! – Las d’attrister des bêtes malades, et pour faire un métier contraire, je me jette à corps perdu dans le théâtre. Ah mon petit Fifi, il t’a causé bien des problèmes, le théâtre ! Alors pourquoi est-il autant un bienfait pour moi ? Pourquoi le théâtre ?

Parce que le théâtre est une échappatoire. Un moyen de s’extraire de la vie quelques instants. D’échapper au stress et au travail qui nous entourent. D’oublier, le temps d’une soirée, une khôlle qui s’est mal déroulée ou un DM qu’on n’a pas fini. Mais si, si, c’est ça, entre autres choses. Que ce soit Racine ou Feydeau, lorsqu’ils sont bien joués, on oublie tout, on entre dans l’action pour n’en ressortir qu’après la fin du spectacle. Alors le sort de Phèdre occupe toutes nos pensées, alors on se demande ce que ce Bois d’Enghien va bien pouvoir inventer pour sortir de la situation dans laquelle il se trouve. Et le Grand théâtre, c’est aussi le plaisir des mots, des chocs, des paradoxes qu’on peut y voir et y entendre. 

Parce que j’aime par dessus tout la belle langue théâtrale. Lavoisier a dit : Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Soit, mais au théâtre, la règle ne s’applique pas. D’un rien, on fait un tout. D’un texte brillant et d’une voix adéquate, et les plus beaux sentiments peuvent déferler. Quels frissons devant ces vers :

C’est craindre menacer, et gémir trop longtemps.
Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j’attends.

Quelle beauté. Quelle perfection. Lire ou écouter Racine, mieux : le voir bien joué sur scène, est un plaisir tel qu’il n’y a pas de mots pour le décrire. De manière plus générale, je dirais que je suis très sensible aux vers, peut-être plus qu’à la prose. Ils sont une manière de s’exprimer au rythme doux et au son si agréable… Ceux de Corneille me font peut-être moins d’effet, mais ils restent spectaculaires. Quelle force dans ceux-ci :

Rome, l’unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
Rome qui t’a vu naître, et que ton coeur adore !
Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !

Mais il n’y a pas qu’eux ! Deux des plus grandes pièces que je connaisse sont Cyrano et Le Misanthrope, et le texte y est un pur délice pour l’oreille. Et je ne dénigre pas la prose pour autant. A titre d’exemple, Penthésilée, de Kleist, est une immense pièce, d’une puissance, d’une intensité, et d’une grandeur rare. Enfin cette réplique de Fantasio de Musset, que je trouve à la fois simple et déchirante : 

Hartman – Tu as le mois de Mai sur les joues.
Fantasio – C’est vrai ; et le mois de Janvier dans le coeur.

Parce que j’ai toujours aimé écrire, partager ce que j’aime, et me plaindre. D’où l’idée de la critique. J’en ai reçu des mots assassins, me disant que je n’étais pas dans mon droit de considérer tel ou tel spectacle comme mauvais. A ceux-ci, je réponds que ce n’est que mon ressenti que j’essaie d’exprimer, ma vision des choses. Alors oui, j’estime qu’il y a une ligne directrice, et qu’on peut dire « Tel auteur ne peut être monté ainsi« . Je ne critique sévèrement que parce que je suis déçue de n’avoir pas vu un bon spectacle : quoi de plus désillusionnant que d’avoir faim, de voir un gâteau qui a l’air appétissant, et qui en fin de compte s’avère immangeable ? C’est pareil ! C’est de la déception que provient la colère, et même si les beaux mots ont de l’effet sur moi, certaines mises en scènes ont tout pour me déplaire, et gâcher un beau texte me fait trembler d’effroi. C’est pourquoi, humblement, j’essaie de donner Un avis objectif, argumenté, sensé, et que mon but n’a jamais été de blesser Acteurs, metteurs en scène, tous ces gens que j’adore, mais bien à mes confrères spectateurs d’éviter, une soirée gâchée ou un spectacle hardcore.

Parce qu’au théâtre, contrairement au cinéma, on est en face du vrai. Le théâtre a cette authenticité là que j’apprécie énormément. Ce n’est pas comme derrière une caméra, on ne peut pas feindre, on ne peut pas recommencer. Enfin, je dis on… Je parle d’eux, des acteurs bien sûr, mais également de ceux qu’on ne voit pas, cachés derrière des manettes, ces personnes qui permettent à tous nos sens d’être enchantés à l’unisson en manoeuvrant les sons et les lumières avec une précision drastique. Ce qui me rappelle une anecdote, racontée par Fabrice Luchini : « Un jour, durant une répétition d’un spectacle que Terzieff mettait en scène, le technicien des lumières a fait une très légère erreur, il a fait son effet lumineux deux secondes et demi plus tard, ce qui fait que l’acteur qui jouait a été dans l’ombre trop longtemps. Et là, la colère de Terzieff était shakespearienne, il a convoqué ce technicien, et celui-ci lui a demandé « qu’est-ce que j’ai fait ? » et Terzieff lui a répondu : « Tu as retardé de 3 secondes l’effet de lumière. Si tu conduisais un boeing, combien de morts tu aurais fait ? 1000 morts. Tu dois rentrer dans le théâtre, qui est un lieu sacré, avec l’urgence et la responsabilité, que ta décision est une question de vie ou de mort. » 

Parce que je ne me sens véritablement bien, heureuse, entière, et à ma place, que dans un fauteuil de théâtre. C’est un très bon moment, l’avant représentation. C’est agréable d’être assis là, entouré de personnes inconnues et pourtant réunies ici dans un seul et même but : assister à une représentation théâtrale. Peut-être sont-ce des acteurs autour de moi ? J’adore observer les autres spectateurs. Parfois, je reconnais une tête connue. Parfois, je m’exaspère de voir un tel poser ses pieds sur la scène. J’aime aussi observer ce qui m’entoure : les belles salles de spectacles ravissent mes yeux : des lustres imposants, de belles peintures, un rideau rouge comme dans un rêve, retombant sur la scène avec grâce. C’est mon monde, ou du moins, celui auquel je veux appartenir.

Un grand Monsieur, amateur de mots, pianiste de métier, m’a dit un jour : Dernier domaine où l’on ne peut pas mentir, l’art est un allié, un ami parfois redoutable, mais capable de tant de joies. Et je crois que tout est dit.

Pourquoi participer à la collecte pour le Dom Juan mis en scène par Arnaud Denis ?

C’est vrai, j’ai déjà consacré un article à Arnaud Denis et aux Compagnons de la Chimère sur mon blog. Mais si je reprends ma plume pour vanter leur talent aujourd’hui, c’est qu’ils ont besoin de vous : en effet, Arnaud Denis monte en mars prochain Dom Juan, au Théâtre 14. J’ai confiance en son travail, puisque je le suis depuis 8 ans déjà. Je sais qu’il montera quelque chose de respectueux de l’oeuvre de Molière, quelque chose de sensé, d’intelligent, de réfléchi et d’abouti.  Mais je sais aussi qu’un spectacle sans décor, c’est comme Cyrano sans sa tirade des nez : on peut jouer sans, seulement ça laissera comme un vide : il manquera quelque chose.

Et monter un spectacle a un coût, et les décors, tout particulièrement, tournent autour de 20 000€. Sacré somme ! C’est pourquoi la troupe fait appel à nous, spectateurs, et amateurs de théâtre. On peut donner à partir de 5€ pour les aider à financer ce projet, grâce au sitekisskissbankbank.com. Je sais que pour ceux d’entre vous qui ne connaîtraient pas le comédien et sa troupe, ce n’est pas évident. Mais pour moi, c’est une évidence. Arnaud Denis mérite qu’on lui donne à nouveau une chance de faire ses preuves, de se faire connaître pour son talent de metteur en scène autant que celui d’acteur. Pour moi, il sera l’un des plus grands metteurs en scène du XXIe siècle.. Et il est encore jeune. A force de travail et de ténacité, il sera sur le devant de la scène d’ici quelques années.

Mais pour cela, il a besoin de vous. N’hésitez pas à faire vos dons ici.

3 ans, déjà !

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Il me paraît loin le jour où j’ai pris pour pseudonyme Mordue de théâtre sur la toile.
Déjà 3 ans que je critique tous les spectacles que je vais voir, sans exception. C’est plus de 110 critiques publiées, au moins autant de spectacles vus (car il m’arrive de retourner en voir certains !), et presque 140 articles depuis la création de ce blog. Depuis l’an dernier, j’ai eu près de 20 000 visites, et je vous en remercie.
Ça fait un moment maintenant que j’annonce la diminution de l’activité de ce blog, à cause de restrictions de temps dues à la prépa … Mais comme vous avez pu le constater, ce n’est pas encore cette année que cela entrera en vigueur, car je constate encore plus à quel point le théâtre aide à tenir ce rythme effréné. J’essaie d’être le plus active possible, c’est d’ailleurs pourquoi certains articles récents n’ont pas été écrits par moi mais par un complice, qui a la possibilité d’aller voir certains spectacles auxquels je ne peux pas assister. Cette association a lieu dans le but de vous offrir un blog plus complet.
Le mois dernier, mon blog comptabilise près de 1600 visiteurs uniques. A ce jour, près de 370 abonnés twitter. Ça fait plaisir, ça fait chaud au coeur, et je vous remercie. 
Cette année s’annonce pleine de surprises : quid des Molières ? du nouveau directeur du Conservatoire ? ou de la Comédie-Française ? Et je serai là pour commenter, critiquer, sans aucune censure, chacun des évènements théâtraux qui se produiront.

Un grand merci à tous, et vive le théâtre !

Ennemi n°1 du théâtre : le téléphone portable

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Hier, quelque chose de grave est arrivé durant la représentation. 3 téléphones portables ont sonné. Et, pire que tout, une messagerie vocale a retenti dans toute la salle. Où sommes-nous donc ? Et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, loin de là. Mais puisque vous ne semblez pas comprendre les appels à éteindre les téléphones portables en début de représentation, je vous fais à nouveau la demande ici : sachez que, en plus de géner les autres spectateurs, c’est surtout les comédiens que vous perturbez. Il arrive même que certains s’interrompent pour demander au spectateur d’éteindre son téléphone, et je trouve cela bien : le spectateur, marqué par cette intervention, n’oubliera plus jamais d’éteindre son téléphone.

Et encore, je dis oublier, mais il s’agit bien souvent d’un acte volontaire. Hier, par exemple, derrière moi, j’ai nettement entendu le « moi je le mets en silencieux ». Donc déjà, je me permets de vous dire que vous ne l’avez pas mis en silencieux mais sur vibreur, puisque j’ai pu entendre vibrer au milieu du spectacle, mais de plus, quel besoin de le mettre sur silencieux si vous ne comptez pas le regarder de la soirée ? Autant l’éteindre, puisque c’est ce qu’on vous a demandé de faire au début du spectacle. 

Je pense qu’on ne devrait plus faire la demande gentiment, mais l’exiger clairement et bannir quiconque déroge à la règle. Parce qu’on commence à se fiche de la gueule du monde là, on en entend de plus en plus des téléphones portables. Ce n’est pas compliqué pourtant d’éteindre son téléphone : sur un téléphone plutôt vieux, en général, il suffit d’appuyer longtemps sur le téléphone rouge, et sur un téléphone récent, il y a soit un bouton au dessus du téléphone, soit sur le côté, et quand vous le maintenez longtemps, le téléphone s’éteint ou propose de s’éteindre, ce à quoi vous répondez « OUI ». 

J’espère que le message est passé, et ceux qui peinent à éteindre leur téléphone, n’hésitez pas à demander à vos voisins, qui, j’en suis sûre, seront ravis de vous aider. D’ailleurs, ceux qui ne savent pas éteindre leur téléphone sont souvent ceux qui l’utilisent peu : auquel cas, ne le prenez pas avec vous au théâtre, tout simplement. Et je préviens qu’un jour, si un téléphone sonne à côté de moi, je risque de m’énerver franchement. 

A bon entendeur.

Le Palmarès du Théâtre & La Troupe d’un Soir

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J’avais écrit un article à l’occasion des Molières 2011, peut-être les derniers diffusés. Personnellement, j’avais plutôt aimé : contrastant avec l’habituelle cérémonie longue et ennuyeuse, Laurent Lafitte a présenté ces Molières avec brio. Je ne comprends pas pourquoi il a fallu suspendre cette remise l’an d’après.

Le discours de présentation du président de ce premier Palmarès du Théâtre est court, simple, efficace. Ça commence plutôt bien. Enfin, si on met à part la musique, un bon gros « boumboum » qui n’a rien de théâtral, cela semble plutôt un bon début. S’ensuite une petite présentation des récompenses (qui ressemblent moyennenement à des servantes, soit dit en passant). Revenons rapidement sur les lauréats : 

Prix de la comédienne : Audrey Bonnet dans Clôture de l’Amour
Prix du comédien : Grégory Gadebois dans Des Fleurs pour Algernon
Prix de l’auteur : Pascal Rambert pour Clôture de l’Amour
Prix de la comédie : Carte Blanche à François Morel
Prix de la mise en scène : Jean Bellorini pour Paroles Gelées
Prix de la comédienne dans un second rôle : Marie-Julie Baup dans Le Songe d’une Nuit d’Été
Prix du comédien dans un second rôle : François Loriquet dans Les Revenants
Prix d’Honneur féminin : Francine Bergé dans Le Prix des Boîtes
Prix d’Honneur masculin : Robert Hirsch dans Le Père
Prix du seul en scène : Didier Brice pour son Journal d’un Poilu
Prix de la révélation féminine : Sarah Capony dans Femme de Chambre
Prix de la révélation masculine : Félicien Juttner dans Hernani
Prix « coup de coeur » du Jury (théâtre public) : Richard et Romane Bohringer dans J’avais un beau ballon rouge
Prix « coup de coeur » du Jury (théâtre privé) : L’Étudiante et Monsieur Henri
Prix du spectacle privé : Des Fleurs pour Algernon
Prix du spectacle public : La Réunification des deux Corées

Bon, globalement, je suis tout à fait d’accord avec ce Palmarès, je le trouve même très bon : il est assez varié et il n’y a pas d’abérrations. Non, ce qui m’a gêné ce n’est pas le fond, mais la forme. Chaque lauréat, qui venait prendre sa « servante », n’avait droit qu’à une minute de remerciement. Et comme si cette restriction ne suffisait pas, une sonnerie désagréable rappelait les comédiens à l’ordre au bout de 45 secondes. C’est absurde. L’audience a été encore plus faible que celle des Molières il y a 2 ans : 4% face à 6% pour la regrettée cérémonie. D’après moi, il est important de remettre des prix pour le théâtre, tout comme le cinéma. C’est une manière de remercier et récompenser le travail des acteurs du théâtre, quels qu’ils soient (Lumière, Décors, Costume ont été oubliés ici). Mais cette « cérémonie » là, qui n’avait en fait rien à voir avec une cérémonie, à cause du lieu, du décor, de cette présentatrice insupportable, et de cette restriction de parole, on s’en serait bien passé. Il aurait mieux valu une émission de radio, où les acteurs sont libres de s’exprimer, si accorder un peu de temps pour le théâtre à la télé est trop coûteux.

Breeeeeef, après ce massacre, un autre a suivi. En effet, pour montrer quand même que « le théâtre, c’est important », une soirée consacrée au théâtre était prévue le soir. Cette soirée avait pour but de nous donner l’envier d’aller au théâtre. Pour moi, l’effet a été plutôt inverse : si c’est cela qu’on voit au théâtre, jamais je n’y retournerai. La soirée se présentait ainsi : la même présentatrice présentait des saynètes, jouées par des acteurs, ici pour leurs noms (Arditi, Berléand, Jugnot …), et entre chaque extrait, Philippe Lellouche et Laurent Gamelon jouaient, ou appliquaient un texte absolument nul, essayant vainement de divertir le spectateur. Mais il faudrait m’expliquer l’intérêt, si cette soirée avait pour but de louer le théâtre, de ne jouer que des scène contre les pièces qu’on y voit, parlant de l’absence de spectateurs, de l’ennui devant certaines pièces. Ou encore, que les acteurs interprétant les différents personnages lisent leur texte, sur papier ou sur prompteur : voilà qui ne fait pas très professionnel. Enfin, on nous présentait les extraits comme des « scènes cultes » : ah, Grumberg est donc un auteur culte français ? Je n’ai vu de culte que les 10 dernières minutes de l’émission. Sur plus de 2h, ça ne fait pas grand chose. Ennui total. Voilà ce que j’ai retenu de cette soirée. 

Échec cuisant. Rendez nous les Molières.

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