#OFF18 – Lucienne et les garçons

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Critique de Lucienne et les garçons, Opus 3, vu le 18 juillet 2018 au Théâtre du Girasole
Avec Lara Neumann, Flannan Obé, Emmanuel Touchard, dans une chorégraphie de Jacques Vidal et une scénographie de Pierre Lebon

Quand j’avais une petite dizaine d’années, mes parents nous ont emmenées, ma soeur et moi, voir ce petit cabaret qui s’était installé à l’Essaïon. Même si, à l’époque, je n’avais pas dû comprendre grand chose – je vous expliquerai pourquoi – j’avais adoré. J’ai acheté le CD, je connais toutes les chansons par coeur, bref, je suis assez fan. Quelle ne fut pas ma surprise alors de retrouver Flannan Obé et Lara Neumann récemment dans l’Opéraporno de Pierre Guillois, mais surtout dans le programme du OFF 2018 ! J’attendais avec impatience ma Madeleine de Proust et je suis ravie de voir qu’avec les années, mon amour pour ce spectacle ne s’est pas terni !

Bon, j’ai donc raté l’Opus 2. Mais j’ai quand même l’impression que rien n’a changé. Certes, le spectacle tourne un peu autour du thème « il faut se renouveler », « on est vieux », « on nous attend dans de nouveaux répertoires ». Mais c’est toujours la même énergie, la même complicité, le même plaisir d’être sur scène et de partager ces chansons du répertoire français avec curieux et connaisseurs !

En un mot : ils sont formidables. On les aime quand ils chantent leurs chansons poétriques, on aime deviner le bout du texte qui sera censuré, on les aime lorsqu’ils se chamaillent, on les aime lorsqu’ils dansent à la manière du Music-Hall et jouent avec leur public. Attention : si leurs chansons sont parfois un peu canailles, on est aux antipodes de la vulgarité ! Tout est dit avec finesse, les trois compères manient le second degré avec brio et, en plus d’être des musiciens et chanteurs de talents, ils sont de véritables comédiens. Ce spectacle ne manque de rien : c’est une perfection.

C’est dur pour moi de voir un spectacle le soir, car il vient souvent après 5 autres spectacles et plusieurs jours de Festival dans les jambes : j’ai toujours peur que la fatigue prenne le dessus. Ici, pas d’inquiétude ! Leur énergie est communicative et vous en sortirez revigorés, prêts à chanter et à danser jusqu’au bout de la nuit. Pour les plus anciens, vous aurez plaisir à retrouver de grands classiques, « Ouvre la fenêtre » ou encore « La femme est faite pour l’homme ». Et pour les nouveaux, ne manquez pas de découvrir ce trio épatant qui viendra ensoleiller votre fin de journée.

Un must see. ♥ ♥ ♥

#OFF18 – Tzigane !

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Critique de Tzigane ! chorégraphié par Pétia Iourtchenko, vu le 18 juillet 2018 au Roi René
Avec Maxim Campistron, Alissa Doubrovitskaïa, Simon Renou, Lilia Roos-Dalskaïa, Petia Iourtchenko, Cécile Joseph, Mary Landret, Kevin Souterre, Angélique Verger, dans une mise en scène de Johanna Boyé

Je ne sais pourquoi ce spectacle m’a tapé dans l’oeil. C’est peut-être l’affiche, avec ce beau mouvement qu’elle suggère et ce rouge profond qui captive. C’est peut-être mon envie de découvrir des spectacles de danse dans une période où ma soif de culture se fait toujours plus importante. C’est peut-être mon goût pour la musique manouche qui envoie l’information à mon cerveau que mes oreilles aussi aimeraient profiter de ce Festival. Quoi qu’il en soit, après avoir raté l’unique représentation parisienne au Carré Bellefeuille, je me rattrape en venant découvrir le spectacle au Roi René.

On m’avait prévenue. Dans la matinée, alors que je mentionne au détour d’une conversation que je vais voir Tzigane ! dans l’après-midi, la personne avec qui je discute fait la moue. Reproche au spectacle ces clichés. Je n’ai pas encore vu grand chose de renversant à Avignon, est-ce que ça vaut vraiment la peine que j’aille découvrir encore un spectacle qu’on me déconseille ? Allez, quand même, j’avais dit que j’irais, tentons.

Quelle belle idée ! Peut-être que c’est parce que je partais avec cette vision en tête, et que j’ai finalement eu une bonne surprise. C’est vrai, il y a des clichés. Encore que, moi qui ne connais rien à cette culture, je parle de clichés car c’est l’exacte vision que j’avais de ce monde-là avant le spectacle. Mais je suppose qu’il a évolué depuis la représentation des gens du voyage qu’on découvre dans Tintin. Homme macho, combats de coq pour une belle, l’histoire est finalement assez creuse.

Mais là n’est pas la question. On l’oublie vite, l’histoire, et à mon sens elle n’est que prétexte pour que la danse démarre. Et là, plus rien d’autre n’existe. J’ai eu la chance d’être au premier rang, de pouvoir observer chaque mouvement de pied, chaque robe voltiger, chaque claquement de doigt, de main, de torse. On est bien loin du Gitano de Kendji Girac – oui, c’est ma seule comparaison, désolée.

Ici la danse devient moyen d’expression, devient nécessité, devient vie pure et simple. L’incarnation est si intense que j’ai cru la troupe étrangère et ai été surprise lorsqu’ils nous ont parlé en français à la fin du spectacle. Ils sont beaux à regarder, ces hommes musclés et ces femmes aux chevelures impressionnantes. Ils sont beaux à regarder, lorsqu’ils nous éblouissent par leurs pas incroyablement rythmés, quelque part entre claquette et corrida. Elles sont belles à regarder lorsqu’elles tournoient dans leurs robes de flamenco. Ils sont beaux. C’est beau.

A ne pas manquer. ♥ ♥ ♥

#OFF18 – Là, maintenant, tout de suite, ou l’art d’improviser

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Critique de Là, maintenant, tout de suite, ou l’art d’improviser, de Didier Landucci, vu le 18 juillet 2018 à La Maison IV de chiffre
Avec Didier Landucci dans une mise en scène d’Ali Bougheraba

Dans la série Les comédiens que je suis et que j’ai grand plaisir à retrouver à Avignon, donnez-moi Ali Bougheraba ! Je crois que chaque année, c’est le premier nom que je cherche car je n’ai encore jamais été déçue par une pièce à laquelle il participait. Même si j’aurais préféré le voir sur scène, je fais confiance à un spectacle dont il signe la collaboration artistique. Et puis, Didier Landucci n’est pas un total inconnu, puisqu’il est l’un des membres des Bonimenteurs, et qu’il avait déjà travaillé avec Ali Bougheraba sur Ali au pays des merveilles.

Comme son nom l’indique, Didier Landucci nous propose un spectacle d’improvisation. Mais pas seulement : c’est plutôt un petit cours sur cette pratique qu’il nous donne durant 1h30. Les clés pour réussir, les qualités qu’elle requiert, la méthode en quatre points pour démarrer une improvisation, tout y passe. Même les spectateurs ! Quoi de mieux en effet lorsqu’on donne un cours de vérifier que les élèves ont compris. Mais pas d’inquiétude : non seulement on ne vous obligera à rien, mais le passage sur scène est vraiment placé sous le signe de la bienveillance.

J’ai tout aimé de ce spectacle : l’improvisation, évidemment, qui m’impressionne toujours autant ! Il n’y a pas à dire, Didier Landucci est doué pour ça. Comme attendu, les thèmes donnés par le public sont toujours tirés par les cheveux, mais il s’en sort avec brio. Il arrive non seulement à faire rire son public – c’est bien la moindre des choses – mais toujours en finesse, parfois en partageant avec nous une private joke en référence au début du spectacle, et toujours avec un soupçon d’originalité.

Mais j’ai aussi pris un grand plaisir à découvrir le reste du spectacle. Le désir de transmission est si évident chez Didier Landucci que les conseils qui alternent avec les sketchs d’improvisation sont tout aussi agréables à recevoir. Même si je ne suis pas montée sur scène, on sent depuis notre chaise l’importance de ce moment de partage et à quel point il veille à ce que chacun se sente à l’aise et à sa place, aussi, sur scène. Quant aux discours sur la hiérarchisation des cours à l’école et l’importance des disciplines artistiques, trop souvent méprisée, je partage entièrement son avis. Merci.

Foncez, là, maintenant, tout de suite ! ♥ ♥ ♥

#OFF18 – Kamikazes

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Critique de Kamikazes, de Stéphane Guérin, vu le 16 juillet 2018 au Théâtre Buffon
Avec Raphaëline Goupilleau, David Brécourt, Valentin de Carbonnières, Julie Cavanna, Pascal Gautier, Pierre Hélie, Salomé Villiers, dans une mise en scène de Anne Bouvier

J’irai au bout du monde pour Raphaëline Goupilleau. Au Théâtre Rive Gauche cette année, au Festival Nava il y a 6 ans, au Poche-Montparnasse ou au Théâtre Saint-George ces dernières années, à Avignon aujourd’hui. Ce qui est chouette, c’est qu’en me remémorant ces différents spectacles je me rends à nouveau compte de la palette de cette actrice que j’admire tant. Souvent employée dans des rôles comiques, je me souviens de son interprétation dans Tom à la Ferme, soudain dure et inquiétante. Un nom relié à de nombreux souvenirs théâtraux, donc. Pas un instant d’hésitation. C’est parti !

La pièce est divisée en deux : d’un côté, une table dressée accueille des hôtes, que j’ai supposés d’une même famille même si ce n’était pas forcément clair. Ils discutent sans s’écouter, la conversation part dans tous les sens, le genre « communication impossible ». De l’autre, une femme, seule, prend la parole lorsque la tablée se tait. Elle raconte sa vie, et conclut toujours son monologue par « Je vais faire un grand dîner ». J’ai cru comprendre qu’elle était morte. Pas sûre.

Quelle déception ! J’ai vite compris que le spectacle ne serait pas pour moi. Les conversations sans fond qui se déroulent la majeure partie du temps sur scène ne m’intéressent pas. Ça ressemble à du théâtre de l’absurde mais ça ne prend pas sur moi. On y parle de gens qui revendent les alliances de mort, on y voit une jeune femme qui joue à faire marcher le pain sur la table, un garçon qui s’amuse au jeu du « sens mon doigt », un gars qui reprend toutes les fautes de grammaire de ses congénères. Ok, cool. Et après ?

C’est d’autant plus dommage que les comédiens dégagent une belle énergie, que le spectacle est très rythmé, que tout pourrait fonctionner si le texte suivait. Le truc c’est qu’en plus de m’ennuyer pendant les scènes de repas, je ne pouvais même pas regarder Raphaëline Goupilleau qui était très souvent à cour, donc invisible pour moi depuis mon strapontin. Tout intérêt était donc mort. Enfin, je commence à saturer des spectacles qui utilisent la fumée, et j’ai trouvé que faire entrer des spectateurs dans une salle pareillement enfumée sans que cela ne prenne le moindre sens était assez malhonnête.

En véritable Kamikaze que je suis, j’ai quitté la salle plus tôt. 

#OFF18 – Nos rêves

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Critique de Nos rêves, de Thibault Segouin, vu le 17 juillet 2018 au Théâtre des Béliers
Avec Anaïs Deban, Thibault Segouin, François Villevieille, dans une mise en scène de Xavier Gallais

La sélection des spectacles du OFF se fait de manière assez empirique : en fait, c’est un peu une histoire de flair. Une affiche qui nous plaît, un nom qui évoque de bon souvenirs, un titre qui nous arrache un sourire ou qui titille notre curiosité, un théâtre dont les choix artistiques nous mettent en confiance. Ici, c’est le nom de Xavier Gallais qui a attiré mes yeux sur la fiche du spectacle. Et puis, Les Béliers, c’est quand même le théâtre associé à ma découverte d’Alexis Michalik, et ça c’est plutôt chouette.

Pierre, Guillaume et Salomé se sont rencontrés au collège. Dès le premier regard partagé, ils ont su qu’ils allaient vivre une belle amitié. Les années passant, l’adolescence aidant, les relations évoluent. Salomé, particulièrement, se transforme. Un jour, elle propose à la bande de partir. Simplement partir. On prend le train et on réfléchit plus tard. Alors ils partent. Au hasard. Direction ? Tours.

Il ne faut pas blaguer avec les rêves. C’est important, les rêves, pour moi. Mais je vous parle des vrais rêves, ceux qui font peur, ceux qui prennent aux tripes, ceux qui vous font douter et hésiter. Les rêves qui ne vous lâchent pas sur plusieurs années. Les jeunes aussi ont des rêves. Quelque part, j’en veux un peu à ce spectacle de montrer les jeunes avec des rêves si pâlichons. Rêver de ne pas finir comme ses parents, c’est un peu triste non ?

Le spectacle part un peu de tous les côtés. Il y a cette histoire d’amitié qui paraît un peu naïve, un peu déjà-vue, un peu vide. Parfois, des listes à la Prévert sur ce qu’on veut changer, ce qu’on ne veut pas devenir, ce qu’on se promet. Et puis, de temps à autre, une chanson. J’ai d’abord trouvé un peu ridicule ce musicien qui se prend tant au sérieux, avec sa diction de Christophe Maé, yeux fermés, mèches rebelles, sur la pointe des pieds, à susurrer un texte plein de bons sentiments. Mais finalement, c’est sans doute le plus digne du texte. Son rêve, on le voit, il le vit. Il est là.

Pas essentiel. 

#OFF18 – Cent mètres papillon

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Critique de Cent mètres papillon, de Maxime Taffanel, vu le 16 juillet 2018 à La Manufacture
Avec Maxime Taffanel dans une mise en scène de Nelly Pulicani

Décidément, moi qui n’avais jamais mis le pied à La Manufacture, voilà que j’y retourne pour la troisième fois de la journée ! C’est cette fois-ci à un Tweet de Yann que je dois mon intérêt pour ce spectacle, à nouveau renforcé par l’article encourageant de Théâtre(s) à son sujet. On ne lit rien sur le spectacle, on se laisse porter par les conseils qui fusent – je retrouve le spectacle dans la sélection de plusieurs blogueurs – et on réserve les yeux fermés. Suspens.

L’épreuve du cent mètres papillon, l’affiche, tout indique que c’est pour une histoire de sport que nous sommes là. Mais pas qu’une histoire de sport. Une passion, le genre qui vous ronge par les deux bouts pour arriver à vos fins. Larry est nageur de haut niveau et voudrait être un champion. On le suit aux entraînements, avec son coach, mais également face à lui-même, en compétition, et dans l’eau, toujours dans l’eau, son élément.

Il entre. Beau mec. Le genre taillé en V. Ses pectoraux se devinent sous son sweat Adidas. Il les dévoilera plus tard dans le spectacle. Cela fait aussi partie du jeu. On parle de sport, le corps devient donc un acteur essentiel. On connaît la pleine conscience du corps d’un sportif. C’est pourquoi ce Cent mètres papillon a beaucoup en commun avec du théâtre visuel. Souvent, un ou deux projecteurs éclairent l’athlète. Ses mouvements sont précis, sa concentration se lit sur son visage. Les effets sonores sont en parfaite harmonie avec les images qu’il propose. C’est beau.

Je n’aime pas la natation. Je n’ai jamais aimé ça. Mais j’aime le sport. Et je pense que c’est bien plus de sport dont il est question ici que de natation. Il ne faut pas attendre d’universalisme : l’histoire de Larry n’est pas une métaphore de la vie. Mais pour qui aime le sport je pense qu’il pourra s’y reconnaître. Et prendre plaisir à retrouver une détermination bien connue dans le regard de l’acteur-nageur. Seul bémol : les passages plus fictionnels où le comédien transcrit, par exemple, les dialogues avec son coach. Cela brise quelque chose de l’énergie accumulée jusqu’ici. Peut-être parce qu’on voudrait rester dans la tête du sportif. Et oublier le reste.

A la sortie, le sentiment unique d’avoir puisé toute l’énergie du comédien. Et d’être prêt, à notre tour, à faire un cent mètres papillon. ♥ ♥

#OFF18 – Et si on ne se mentait plus

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Critique de Et si on ne se mentait plus, de Mathieu Rannou et Emmanuel Gaury, vu le 16 juillet 2018 à l’Espace Roseau
Avec Maxence Gaillard, Emmanuel Gaury, Guillaume d’Harcourt, Nicolas Poli, Mathieu Rannou, dans une mise en scène de Raphaëlle Cambray

C’est le nom de Raphaëlle Cambray qui m’a d’abord attirée vers ce spectacle. L’actrice, que j’avais découverte dans le Nüremberg d’Arnaud Denis – décidément, tout se recoupe – enfile ici sa casquette de metteuse en scène. Lorsque je me penche un peu plus sur la description de la pièce, je suis totalement convaincue : les noms de Alphonse Allais, Lucien Guitry ou encore Jules Renard suffisent à faire monter en moi l’excitation liée à la découverte de leurs bons mots. Les premiers retours, excellents, semblent confirmer que mon flair est opérationnel.

Paris, année 1901. Cinq personnes se retrouvent régulièrement pour déjeuner : Alphonse Allais, Lucien Guitry, Jules Renard, Tristan Bernard, et Alfred Capus, s’ils font vivre l’actualité littéraire de l’époque, sont aussi un groupe d’amis. C’est au sein de ce groupe qu’évolue la pièce, faisant ressortir les coups bas, les mensonges, les rivalités qui peuvent lier ces amis qui, malgré tout, resteront unis jusqu’à la fin.

Alors oui. Bon. Mettons que mon flair est semi-opérationnel. Semi parce que, dans le genre, il faut reconnaître que c’est une réussite. Les comédiens parviennent à faire réellement croire à l’amitié qui lie ces personnages et forment sur scène un groupe très complice. Le rythme est très bien tenu, et chaque acteur a trouvé son personnage, mettant en avant un détail, une manière de parler, de se tenir, de regarder qui lui rend sa spécificité ; j’ai particulièrement apprécié le côté décalé d’Alphonse Allais, très bien rendu sans trop d’effet.

Cependant, je n’ai pas été vraiment prise dans cette histoire. Je venais surtout découvrir ces figures de la littérature françaises, donc je ne trouve que peu d’intérêt dans une telle fiction. J’aurais aimé les rencontrer à travers leurs écrits, leurs bons mots, leurs habitudes. Cette vision-là, Alphonse Allais nous en propose une esquisse en analysant la psychologie de chacun de ses amis à travers ce qu’il boit et la manière dont il tient son verre. Quelques minutes délicieuses.

Un spectacle réussi dans son genre… mais pas mon genre !