#OFF21 – Cyrano(s)

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Critique de Cyrano(s) d’après Edmond Rostand, vu le 14 juillet 2021 au Théâtre du Roi René (16h25)

Avec Roland Bruit, Axel Drhey, Yannick Laubin, Pauline Paolini, Bertrand Saunier, et Paola Secret dans une mise en scène des Moutons Noirs

J’ai découvert l’existence des Moutons Noirs lors du Mois Molière, le Festival Versaillais qui précède Avignon, et j’avais alors hésité à découvrir leur Titanic qui y était programmé. C’est finalement en essayant de retrouver Emmanuelle de l’Etoffe des Songes sur notre seul jour de festival commun que je me suis décidée à découvrir ce spectacle qu’elle avait sélectionné dans son programme. Cyrano et moi, c’est une grande histoire d’amour, mais pour ce qui est de Cyrano(s), je ne savais pas encore.

Les comédiens voulaient tous jouer Cyrano parce qu’on a tous un Cyrano en nous : on a tous, quelque part, un complexe qui nous empêche d’avancer. Ils nous expliquent que, si Cyrano avait pu faire une chirurgie du nez, il n’aurait probablement pas été le personnage qu’on connaît aujourd’hui. Le point de vue est intéressant, plutôt nouveau, et j’ai hâte de voir ce qu’ils ont pu faire à partir du texte de Rostand.

Peut-être que je n’ai rien compris au pitch qu’on m’en a fait, ou peut-être sont-ils passés à côté de leurs ambitions. Le fait est que, du travail autour du complexe et du « on est tous Cyrano » qu’on m’avait vendu, il ne reste pas grand chose : un échange de nez au milieu des scènes et un petit interlude parlé à chaque changement d’acte où chaque comédien se présente rapidement en nous racontant son histoire et son complexe. Et encore, seul l’un d’entre eux joue vraiment le jeu en nous dévoilant réellement quelque chose de lui, c’est Roland Bruit, quand les autres divaguent vainement sans se révéler.

Le reste, c’est bien le texte de notre cher Edmond Rostand. Le problème, c’est plutôt ce qu’ils en font. S’ils ont travaillé sur quelque chose autour du complexe, il se peut que le travail de fond sur le texte ait été oublié. En tout cas, à les écouter, c’est ce qu’on ressent. Le texte est dit à toute allure, les vers sont massacrés, l’alexandrin parfois oublié, la plus célèbre des tirades du répertoire français se retrouve inversée (« c’est un roc c’est un cap c’est un pic », j’avoue que ça fait bizarre), les tirades sont souvent hurlées, des gags un peu lourds sont rajoutés… Cerise sur le gâteau : le spectacle, annoncé pour durer 1h35, en dure finalement deux. Une erreur pas très cool en période de festival.

Il est là le vrai complexe : ce rendu bruyant et brouillon face au chef-d’oeuvre de Rostand. Ça pique.

Cyrano(s)

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