Un Escape Game dont on s’échappe trop facilement…

Critique de Inscape Game, de Eric Boucher, vu le 11 décembre au Studio Hébertot
Avec Yannick Blivet, Éric Boucher, Mathieu Hoarau et Michaël Msihid, mis en scène par Éric Boucher et Mathieu Hoarau

C’est d’abord le titre qui m’a donné envie de lire le résumé de ce spectacle. Mêler le monde des Escape Games à la scène me semblait être une bonne idée. Après tout, ce n’est qu’un huis clos 2.0, et j’ai toujours aimé les huis clos. Je partais donc avec un bon a priori. J’avoue que quand le spectacle a commencé avec 20 minutes de retard sans aucune annonce public, mes bonnes dispositions ont commencé doucement à s’étioler… pour finalement se désagréger totalement pendant le spectacle.

Quatre amis se retrouvent un soir dans un bar d’un tout nouveau genre, conseillé par l’un d’entre eux. Ils se retrouvent en réalité dans une salle d’Escape Game futuriste, multipliant les capteurs et autres intelligences artificielles capables d’analyser les individus devenus joueurs malgré eux. La salle va jouer avec eux, leur faisant revivre l’année de leur rencontre à travers un Escape Game dans une salle de classe, et faisant surgir leurs secrets cachés, leurs peurs enfouies, afin de se révéler un peu mieux à eux-mêmes et aux autres.

Je continue de penser que le concept pouvait être intéressant. Ce n’est ni plus ni moins qu’une excuse pour un spectacle à suspens, à enquête même, qui peut presque avoir un aspect interactif en impliquant le public qui connaît les mécanismes de l’Escape Game et peut mener son enquête de son côté. C’est à peu près ce que j’avais en tête, en tout cas. Mais je m’avoue déçue.

En fait, il y a bien cet aspect enquête présent dans le spectacle, et qui fonctionne d’ailleurs plutôt pas mal. On se surprend à essayer d’investiguer auprès des personnages, même si on comprend assez vite que les indices sont incompréhensibles pour qui n’a pas participé à l’écriture de la pièce. Mais ce n’est pas si grave en réalité, car ils parviennent à maintenir l’intérêt avec leur recherche fictive à eux – et puis, l’univers de l’école, ça parle à tout le monde et ça touche forcément un peu quelque part.

Mais le problème, c’est que l’enquête en question, qui devrait durer une heure si on était dans un véritable escape game, c’est peut-être un quart ou un tiers de la pièce… pas plus ! Le reste, c’est une sorte de règlement de compte entre amis – après tout, c’est aussi un peu pour ça qu’ils sont là. Le problème, c’est que ces échanges tournent rapidement en rond : les personnages crient beaucoup sans faire véritablement avancer l’action, les réactions de chacun sont assez caricaturales et se devinent à l’avance… et finalement, c’est tout le déroulé du spectacle et les différentes étapes par lesquelles chaque personnage va passer qui deviennent complètement prévisible, ôtant une grande partie de plaisir au spectateur.

L’Escape Game annoncé devient une excuse pour un spectacle autour de l’amitié et de l’identité qui manque d’originalité. Dommage

© Mathias Kellermann

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