Les Serments Indiscrets, Théâtre des Athévains

critique-theatre-les-serments-indiscrets-de-marivaux-M50592.jpg

Critique des Serments Indiscrets de Marivaux, vu le 21 avril 2011 au théâtre des Athévains
Avec Jacques Bondoux, Cédric Colas, Frédérique Lazarini, Isabelle Mentré, Julie Pouillon, Dimitri Radochévitch, Arnaud Simon, mise en scène de Anne-Marie Lazarini

Lucile et Damis, promis l’un à l’autre (décision prise par leurs pères), sont réticents, tous deux, à l’idée du mariage. Ils ne se sont jamais vus et ne savent pas comment annoncer à l’autre leur décision de ne pas se marier. Finalement, ils se jurent qu’ils ne s’engageront pas. Après avoir fait ce serment, ils se regardent pour la première fois et … tombent follement amoureux l’un de l’autre. Mais Lucile ne veut pas l’admettre …

Ainsi, vous l’aurez compris, deux acteurs principaux (ici, Julie Pouillon et Arnaud Simon). Deux rôles importants. Deux distributions à ne pas rater. Ici ? Damis est très bon, il est parfaitement dans son rôle, et, avec son valet (interprété par Cédric Colas), ils forment un parfait duo. Malheureusement, l’autre rôle principal, Lucile, jouée par Julie Pouillon, est vraiment … ça me fait mal de le dire, mais elle est mauvaise. Elle est tellement hors de son rôle (en fait, je pense qu’elle n’est pas à la hauteur, au départ : ses intonations sonnent faux, elle garde toujours la même « mimique » sur le visage -sourcils froncés-, et certaines de ses fins de phrase sont inaudibles) qu’on en vient à se dire, lorsqu’elle entre en scène « Oh NAAAAN ! », et lorsqu’elle en sort « Yeeeees ! ». Elle gâche la pièce ! En fait, pour une petite comparaison, c’est comme si on accumulait des « Smile' » lorsqu’elle sort et qu’on les perdait tous lorsqu’elle revient. Heureusement, d’autres rôles, moins importants, plus « légers » peut-être, tels que le rôle de la soeur de Lucile, Phénice (Isabelle Mentré, dont l’articulation est très marquée, presque exagérée, mais qui nous surprend agréablement tout au long de la pièce), ou encore Lisette (Frédérique Lazarini, qui nous enchante dans son rôle suivante « autoritaire » de Lucile, qu’elle joue de manière enthousiaste – le contraste avec sa maîtresse en est d’autant plus flagrant). Notons aussi le duo des pères (Dimitri Radochévitch et Jacques Bondoux, qui nous font sourire à chacune de leur apparition).

Autre défaut de la pièce ; le décor : tout est blanc (regardez la photo, la matière des décors fait en sorte que toutes les paroles des acteurs résonnent énormement, ce qui est très désagréable …), avec quelques énormes galets de ci de là, qui s’allument entre les actes, on ne sait trop pourquoi (si quelqu’un trouve, qu’il me prévienne !), et un clavecin dans le coin, dont personne ne joue, et qui ne sert que lorsque des acteurs s’asseyent dessus. De plus, les costumes des acteurs sont sales (tâche rose sur le pantalon du valet, traîne de Lucile grise au lieu d’être blanche), il semble qu’ils n’ont pas été lavés depuis 1 mois …

Enfin, la fin, (la photo ci-dessus en est tirée), est incompréhensible … La soeur de Lucile amène un perroquet, et tous les acteurs se regroupent autour de l’animal et le regardent tendrement, presque amoureusement, en murmurant des paroles inaudibles.

En conclusion, comme la pièce n’est gâchée que par une actrice, et que le texte de Marivaux reste tout de même très beau (on peut même dire « magnifique »), on ne regrette pas de voir ce spectacle (et puis, après tout, ne nous mentons pas, nous savons tous que c’est aussi bon de pouvoir vanter le jeu merveilleux d’un acteur que de critiquer le mauvais jeu d’un autre … !). Ainsi, profitez !

Placement : Premier rang (tiens, ça me rappelle que je n’aime pas ce genre de salle, où il n’y a pas de « scène » à proprement parlé, dans la mesure où le plateau n’est pas surélevé, où les acteurs et le public se touchent presque, pour peu que ce dernier étende un peu les jambes …)