Comme son nom l’indique

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Critique de Moi non plus, de Bertrand Soulier, vu le 28 février 2018 au Théâtre de la Madeleine
Avec Mathilde Bisson et Jérémie Lippman, dans une mise en scène de Philippe Lellouche

J’aime beaucoup Mathilde Bisson. Je préfère préciser en début d’article puisque vu ce que je vais dire sur ce spectacle, on pourrait presque croire que j’avais de mauvaises intentions. Or j’avais de très bonnes raisons de vouloir le découvrir : découverte il y a quelques années dans L’importance d’être sérieux d’Oscar Wilde, Mathilde Bisson est une actrice que j’adore. C’était même l’une des seules qui avait su me convaincre dans la décevante Fleur de Cactus de Michel Fau l’année dernière, en composant un personnage de manière délicate et lumineuse. Bref, l’imaginer en Brigitte Bardot avait de quoi donner l’eau à la bouche.

D’abord, le titre comme l’intrigue sont mensongers. Là où Moi non plus évoque le célèbre duo Gainsbourg-Bardot et propose donc de découvrir les coulisses de la création de cette oeuvre, la pièce retrace en réalité une presque banale soirée entre les deux amants, la composition de la chanson n’arrivant que très tardivement dans le spectacle. Soirée banale donc, lors de laquelle Brigitte rejoint Serge dans sa suite du Ritz ; lui voudrait sortir, elle non ; elle lui demande d’écrire pour elle une chanson d’amour, il lui propose Bonnie and Clyde avant de composer, dans la nuit, Je t’aime… moi non plus.

D’abord il faut parler de la pièce. Non seulement elle est très mal ficelée, c’est-à-dire que qui ne connaîtrait pas un minimum de la vie des personnages risque de passer à côté de la plupart des références, amenées de manière assez maladroite, mais en plus elle est d’une fadeur incroyable. Dans cette soirée finalement, il ne se passe pas grand chose et les dialogues sont d’une pauvreté sidérante.On ose pourtant espérer que les soirées liant les deux artistes avaient tout de même plus de goût. Sorry groupies. Quelle part est fiction, quelle part réalité ? L’auteur s’est-il seulement renseigné sur l’existence d’une telle nuit ? Mystère.

Ensuite, il faut parler de la mise en scène. J’ai rarement vu une mise en scène aussi faible, c’est-à-dire que rien ne semble réellement pensé. Les comédiens se déplacent vaguement, Serge Gainsbourg faisant approximativement 14 fois le tour de son piano à queue et Mathilde Bisson parcourant quelques kilomètres durant ses allers-retours du piano jusqu’au lit, mais ces va-et-vient semblent sans but réel. Je passerai sous silence les intermèdes musicaux accompagnés d’une création lumineuse style « sphère infernale » à la fois cheap et inutile, véritables projections pour un con, qui jouent une grande part dans mon énervement global.

Enfin, parlons des acteurs. Je vais passer rapidement sur Mathilde Bisson, dont la superbe plastique confère un léger intérêt visuel dans le spectacle. La comédienne a une partition si peu intéressante qu’elle ne parvient pas à briller autant que d’habitude, mais s’en sort du mieux qu’elle peut. C’est moins le cas en revanche pour son partenaire, Jérémie Lippman, qui semble n’avoir trouvé qu’une note pour son Gainsbourg et ne veut plus la lâcher. Il jouera ainsi constamment, dodelinant de la tête, laissant de longs temps entre chaque répliques, baissant systématiquement le ton en fin de phrase. Vous l’aurez compris : l’un est « in » et l’autre est « out ».

Je suis venue vous dire de n’pas y aller. pouce-en-bas

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