Une (Ni)touche un peu lourde

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Critique de Mam’zelle Nitouche de Hervé, Henri Meilhac et Albert Millaud, vue le 7 juin 2019 au Théâtre Marigny
Avec Lara Neumann, Olivier Py, Damien Bigourdan, Miss Knife, Samy Camps, Eddie Chignara, Sandrine Sutter, Antoine Philippot, Clémentine Bourgoin, Ivanka Moizan, Pierre Lebon, David Ghilardi, et Piero dans une mise en scène de Pierre-André Weitz

J’étais ravie que Mam’zelle Nitouche soit au programme de cette première année de réouverture du Théâtre Marigny : cela me donnait une très bonne raison de venir découvrir la nouvelle salle. Attirée par les noms de Lara Neumann mais également d’Olivier Py et de Miss Knife, très emballée à l’idée de découvrir une nouvelle opérette, plutôt confiante dans le choix de Jean-Luc Choplin, je n’ai pas hésité longtemps. Mais au sortir de la salle, l’enthousiasme attendu n’est pas vraiment au rendez-vous.

La pièce s’ouvre au couvent des Hirondelles où l’organiste Célestin mène une double vie : la nuit, il se transforme en compositeur d’opérettes et se fait connaître sous le nom de Floridor. Denise, l’une de ses élèves, découvre le pot aux roses et se retrouve embarquée dans une histoire rocambolesque qui l’amène à remplacer au pied levé l’une des comédiennes du spectacle de Floridor, elle aussi sous un nom d’emprunt : Mam’zelle Nitouche. C’est également sous ce masque qu’elle fera connaissance de son futur époux – ignorant comme lui qu’ils sont destinés à se marier – le séduira et en tombera follement amoureuse.

Elle est terriblement vieillotte, cette histoire : qui, aujourd’hui, s’intéresse encore à ces histoires de couvent ? Je doute de la pertinence de sortir cette pièce de son oubli. Et pour combler un texte sans grand intérêt, Pierre-André Weitz semble miser sur une mise en scène lourdingue avec de gros effets plutôt que de tenter de relever un peu le spectacle en y ajoutant une touche d’esprit et de finesse. Résultat : on a rapidement la tête qui tourne à voir cette tournette constamment en mouvement sans raison, comme pour occuper le spectateur et tenter de lui cacher le vide de mise en scène qui entoure les comédiens.

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Heureusement, certains d’entre eux s’en sortent à merveille. A commencer par Olivier Py : lui qui aurait facilement pu inscrire son rôle au rang des lourderies du metteur en scène dans ses habits de nonne délurée, il est tout simplement délicieux. Son sens du comique permet de faire de ses différents personnages des incontournables du spectacle, qu’on attend lorsqu’ils ne sont pas en scène. C’est également le cas pour Lara Neumann : le rôle de Mam’zelle Nitouche lui va comme un gant. Elle a ce naturel, cette gouaille, cette voix légèrement haut perchée qui ajoute un je-ne-sais-quoi à son personnage et le rend absolument complet.

Elle donne la réplique à un Eddie Chignara tout aussi convaincant, qui campe un général certes au bord de la caricature mais attachant malgré tout. En revanche, je ne pourrais dire de même pour Damien Bigourdan, qui subit probablement un problème de direction d’acteur et dont le personnage se retrouve bien fade, une sorte de sot sans intérêt, et qui fait pâle figure face à ses camarades.

Un spectacle qui tient grâce à ses comédiens mais qui déçoit dans son ensemble.

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