#OFF21 – L’homme qui dormait sous mon lit

Critique de L’homme qui dormait sous mon lit, de Pierre Notte, vu le 15 juillet au Théâtre des Halles (21h30)
Avec Muriel Gaudin, Silvie Laguna et Clyde Yeguete, dans une mise en scène de Pierre Notte

L’homme qui dormait sous mon lit, c’est assez simple : j’écoutais la présentation de saison du Théâtre du Rond-Point, j’ai entendu le pitch, j’ai trouvé ça génial et j’ai tout de suite voulu y aller. J’ai vu que c’était programmé à Avignon avant d’être au Rond-Point, j’ai trouvé ça encore plus génial de ne pas avoir à attendre et j’ai tout de suite réservé. Pierre Notte est un habitué du Théâtre des Halles, je suis une habituée de Pierre Notte et j’avais vraiment hâte de découvrir ce qu’il nous proposait cette fois-là.

Le pitch est simple et je le connais par coeur pour l’avoir relu, revu, expliqué ou rappelé à de nombreuses personnes autour de moi. On se retrouve dans une dystopie où l’accueil d’un réfugié chez soi peut permettre de toucher des allocations. Mieux encore (enfin, tout est une question de point de vue) : si vous poussez le-dit réfugié jusqu’au suicide, vous touchez une prime. Pierre Notte transforme en situation dramatique nos contradictions politiques autour de la question des réfugiés.

J’ai vraiment trouvé ce pitch génial, atrocement cynique, diablement original. Mais je reconnais aussi que devant mon enthousiasme j’ai eu peur que Pierre Notte ne transforme pas l’essai. Et malheureusement ma peur était fondée. C’est simple : de l’histoire de base, il ne reste plus grand chose. C’est à peine si on comprend de quoi il s’agit avant qu’un personnage de médiatrice – dont l’utilité est par ailleurs bien discutable – ne nous rappelle les règles stipulées par la loi quant à cet accueil de réfugié, avec les petites notes au contrat et tout et tout.

En fait, j’ai commencé par ne rien comprendre à ce qui se déroulait sur scène. Le dialogue et la stylisation des personnages me passaient complètement au-dessus. J’ai fini par saisir quelques passages lorsque j’ai compris que la conversation n’était pas à prendre au sens littéral mais peut-être davantage au sens symbolique. Mais globalement, je dois reconnaître que j’ai trouvé le spectacle assez incompréhensible. C’est une accumulation des défauts de Pierre Notte : une loghorrée, un texte qui revient en permanence sur ses traces et qui se commente lui-même, des tics d’écriture, une fin niaise… C’est terrible car c’est un texte qui parle de la langue et donc qui, fatalement, attire l’attention sur la manière dont il est lui-même écrit !

Il faut s’imaginer la chose : les deux personnages principaux, l’hôte et le réfugié, se déplaçant sur scène tels des astronautes – on m’expliquera après que leurs stylisations sont en fait opposées, elle ressemblant davantage à une danseuse pour représenter sa propriété, lui mimant sans cesse la gêne d’être la pièce rapportée – échangeant des propos très conceptuels, répétitifs, qui manquent de matière. Il n’y a pas d’histoire, il y a juste cette situation qui reste longtemps énigmatique ; il n’y a pas de personnages à proprement parler, il n’y a que des concepts. Et quand la médiatrice arrive – c’est le pendant comique de la pièce – on comprend surtout que le rôle est là pour renouveler « l’action », si je puis dire. Mention spéciale à Silvie Laguna d’ailleurs qui fait tout ce qu’elle peut pour donner un peu de rythme à ce spectacle qui s’enlise dans son propos.

Un spectacle qui m’a laissée totalement de marbre.

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