#OFF21 – Le discours

Critique du Discours, d’après Fabrice Caro, vu le 16 juillet au Théâtre des 3 Soleils (16h55)
Avec Benjamin Guillard, mis en scène par Emmanuel Noblet

J’adore comparer les adaptations et les transformations d’une même oeuvre au cours de ses différentes transpositions, qu’elles soient cinématographiques, théâtrales ou littéraires. Avec Le Discours, je suis servie : entre le roman de Fabrice Caro, le film de Laurent Tirard, l’adaptation scénique de Simon Astier, et celle d’Emmanuel Noblet et Benjamin Guillard, je vais pouvoir savourer ce discours sous tous ses angles. Après avoir beaucoup apprécié la version à l’écran avec Benjamin Lavernhe, et toujours sans avoir lu le roman originel, j’avais vraiment hâte de découvrir cette histoire revue pour Avignon.

Ce fameux discours, c’est celui qu’Adrien doit faire pour le mariage de sa soeur. C’est son beau-frère qui lui demande, lors du repas familial auquel nous assistons pendant le spectacle – repas qui est par ailleurs une véritable corvée pour Adrien qui, lui, n’a qu’une chose en tête : le fait que Sonia, la femme qu’il aime, a lu son sms et n’y a toujours pas répondu. Au cours de ce repas, on découvre donc Adrien, ce mec un peu paumé qui digresse beaucoup sur Sonia qui a décidé de faire une pause, sur la première femme qu’il a aimée, sur le choix du chocolat au dessert, sur sa hantise de la chenille lors des mariages… Ce texte est, en fait, une grande digression.

En découvrant le film, je m’étais fait la réflexion que c’était un texte très théâtral – c’était d’ailleurs un film très théâtral. J’en ai la confirmation aujourd’hui : le texte, que je n’ai toujours pas lu, passe très bien l’épreuve de la scène. Certaines digressions, qui à mon avis peuvent ennuyer à la lecture, prennent une réelle ampleur comique lorsqu’elles sont vraiment incarnées sur un plateau. Le texte reste un peu verbeux et gagnerait à être coupé ici et là, mais la maîtrise du comédien éloigne de nous tout ennui.

Il faut dire que Benjamin Guillard est idéal dans l’exercice. Avec ses grands yeux tristes, il parvient à transformer l’attente de ce petit SMS en une question de vie ou de mort et à nous captiver. Quelle que soit la temporalité qu’il incarne – le passé à travers sa relation avec Sonia, le présent avec ce repas où il est coincé, l’avenir avec ce discours qui l’angoisse – sa composition est toujours très sincère : un peu perdu dans les repas de famille, légèrement pathétique dans l’évocation du passé, satirique dans les évocations de mariage, toujours avec un fond de sensibilité. La mise en scène d’Emmanuel Noblet accompagne parfaitement les changements d’ambiance au moyen d’effets visuels ou sonores simples mais efficaces.

Comme on l’attendait, on passe un bon moment en compagnie d’Adrien au théâtre des 3 Soleils !  ♥

© Gilles Vidal

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