#OFF22 – Téléphone-moi

Critique de Téléphone-moi, de Jean-Christophe Dollé, vu le 17 juillet 2022 à 18h15 au 11
Avec Stéphane Aubry, Solenn Denis, Jean-Christophe Dollé, Clotilde Morgiève et la voix de Nina Cauchard, mis en scène par Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgiève

Là, c’est un peu le mystère. Qu’est-ce qui m’a arrêté sur ce spectacle, je ne sais pas trop. Peut-être le nom de Solenn Denis, dont j’avais découvert le travail avec Sandre il y a quelques années, mais c’était en tant qu’autrice et non qu’actrice. Cela a suffi pour me donner envie de lire le résumé, et m’intriguer complètement par cette forme qui se déroule entièrement dans une cabine téléphonique. Franchement, je demande à voir.

C’est drôle, j’ai vu le même genre de pièce l’année dernière, au Buffon. Une fresque familiale où la transmission intergénérationnelle a un rôle à jouer. Je n’avais pas du tout été convaincue, dénouant facilement les ficelles du texte et devinant les secrets cachés trop rapidement. Alors quand j’ai lu « transmission intergénérationnelle », j’ai un peu fait la moue. Mais bon, c’était trop tard pour faire marche arrière. Et heureusement !

Téléphone-moi suit l’histoire d’une famille sur trois générations, avec cette particularité de se dérouler uniquement dans des cabines téléphoniques – en tout cas jusqu’à la dernière partie. On découvre les différents personnages, on apprend à la connaître, on suit leurs hauts et leurs bas, on comprend leurs peurs, leurs mensonges, leurs espérances.

C’est exactement la réponse à ma quête dans le OFF, et dans le théâtre en général. Le spectacle qui vous prend, vous déplace de votre chaise jusqu’au milieu de la scène, au centre des événements, et ne vous lâche plus jusqu’à la fin. La recette ? Une écriture de l’essentiel, une mise en scène au cordeau, une interprétation qui part des tripes.

C’était pourtant un sacré pari que de placer la majeure partie de l’action dans des cabines téléphoniques. Et pourtant c’est tellement malin. Devant l’absence de réponse de l’interlocuteur, le spectateur se retrouve captif, obligé de lui substituer son imagination et donc de s’investir dans l’histoire. On apprend a les connaitre et a deviner leurs silences pour mieux se laisser cueillir par la suite. Et progressivement on se retrouve complètement pris dans l’enquête, et on se met à récolter les indices qui tombent pour essayer de reformer le puzzle.

Ecriture, mise en scène et interprétation forment eux aussi les trois pièces d’un puzzle. Elles se complètent en tout point. L’écriture est aussi fine que l’interprétation est puissante, la mise en en scène est aussi brûlante que l’écriture est intime, l’interprétation est aussi sensible que la mise en scène est rock. C’est un accord parfait. Et ça transparaît sur scène : les personnages portent en eux leur propre histoire, mais aussi jusqu’à l’ambiance de leur époque, avec laquelle il semblent faire corps grâce à la composition à fleur de peau des comédiens.

Transmission intergénérationnelle, je ne sais pas, mais transmission scènesalle, oui, vraiment. Quelle claque ! ♥ ♥ ♥

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