#OFF24 – Lazzi

Critique de Lazzi,de Fabrice Melquiot, vu à La Scala Provence le 5 juillet à 16h
Avec Vincent Garanger et Philippe Torreton, mis en scène par Fabrice Melquiot

J’ai souhaité voir ce spectacle pour Torreton. La puissance de cet acteur m’a toujours emmenée là où il voulait. Je sais qu’il peut être aussi terrible que déchirant. C’était aussi l’occasion de découvrir Vincent Garanger, comédien de la même génération, à la riche carrière.

Torreton et Garanger jouent deux personnages portant leurs propres noms : Philippe et Vincent, deux amis qui viennent de fermer « le dernier vidéo club du monde », deux loosers cinéphiles qui doivent se réinventer une vie. Dans la première partie du spectacle, ils jettent des cartons pleins de DVD et se présentent eux-mêmes comme hors d’usage et guettés par la dépression. Dans la deuxième, sans que change le décor fait de rangées de fauteuils de cinéma tronquées et rouillées, ils sont censés être dans la maison qu’ils ont achetée à la campagne pour démarrer cette vie nouvelle, à contempler des moutons et planter des arbres, en rapportant tout aux films qu’ils ont vus ensemble.

Le titre « Lazzi » renvoie à l’art de l’improvisation dans la commedia dell’arte, l’art de développer de façon amusante une situation. Mais ici, l’auteur-metteur en scène ne développe pas une situation, il la boursoufle, que ce soit par le mime, des punchlines forcées, des références cinématographiques, des réflexions absconses sur le temps, et même une espèce de réécriture d’Ajax de Sophocle, qui tombe comme un cheveu sur une soupe déjà indigeste.

Ces personnages ont beau étaler leurs blessures (divorce, veuvage) et leur culture, ils m’ont laissée indifférente. La pièce paraît d’autant plus interminable qu’on pense à plusieurs reprises qu’elle va finir. Faute d’avoir quelque chose d’intéressant à dire, l’auteur nous gave. Les deux comédiens sont complices mais jouent en force. Ce texte prétentieux génère un profond ennui.

Une réflexion sur “#OFF24 – Lazzi

  1. Tellement d’accord, tellement déçue ! Pourtant vu au sublime théâtre des Célestins je n’ai pas compris l’engouement. Je n’ai pas compris ni le décor avec leur métorité géante, ni le message, ni le liant, des longueurs terribles et une apothéose qui n’en est pas une…je me retrouve décidément bien en phase avec vos critiques depuis 2 ans… ça me rassure !

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