Le Songe d’une Nuit d’été, Théâtre de la Porte St-Martin

vz-922a1790-dba6-4fc2-a761-ec8eca80b143Critique du Songe d’une Nuit d’été, de Shakespeare, vu le 9 février 2013 au théâtre de la Porte St-Martin
Avec Lorant Deutsch, Nicolas Briançon, Carole Richert, Eric Prat, Marie)Julie Baup, Nicolas Biaud-Mauduit, Sarah Stern, Thibault Lacour, Jean-Loup Horwitz, Dominique Daguier, Patrick Alexis, Léon Lesacq, Laurent Benoit, Thierry Lopez, Carole Mongin, Armelle Gerbault, Jessy Ugolin, Ofélie Crispin, Marlène Wirth, et Aurore Stauder, dans une mise en scène de Nicolas Briançon

Oui, oui, c’est une pièce que j’ai déjà vue. Au même théâtre, oui, avec une distribution quasi-similaire, oui. Mais j’étais mal placée : j’étais loin, et dans une zone de tousseurs récidivistes. Comme quoi, notre placement influe aussi sur notre vision du spectacle. Si la pièce ne m’avait pas énormément plu alors, j’ai changé d’avis en la revoyant hier, et j’écris donc un nouvel article.
Le Songe d’une nuit d’été, c’est plusieurs petites histoires en parallèles qui forment la pièce. Il y a d’une part Thésée et Hippolyte, futurs mariés, qui ouvrent la pièce quelques jours avant leur mariage. Thésée (Nicolas Briançon) est roi d’Athènes, et Hippolyte (Carole Richert), reine des Amazones. Entre alors Égée, père d’Hermia (Sarah Stern), et qui a des problèmes pour son mariage : il veut la marier avec un homme qu’elle n’aime pas, Démétrius, et elle désire épouser l’homme qu’il n’aime pas, Lysandre (Thibaut Lacour). Avec Héléna (Marie-Julie Baup), amoureuse de Démétrius (Nicolas Biaud-Mauduit), ils forment le quatuor des jeunes, et, avec Thésée, Hippolyte, et Égée, ils forment une première part de cette pièce : la part réelle, la part humaine. En parallèle, on va découvrir l’histoire d’Obéron (Briançon) et Titania (Richert), roi des Ombres et reine des Fées, qui se sont disputés pour un enfant, qu’Obéron désire et que Titania garde loin de lui. Ce monde est mystérieux, rempli d’esprits dont un, Puck (Lorant Deutsch), est farceur, et aime jouer des tours aux humains qu’il rencontre. Le troisième monde, rejoignant les deux premiers, est celui du théâtre. Il est à part, et la mise en scène le souligne bien : ce n’est pas le réel, puisque nos quatres acteurs incarnant des acteurs ne se mélangent pas au monde des humains. Mais ce n’est pas l’imaginaire, puisqu’ils sont humains. Et lorsque les trois mondes se mêlent, avec la merveilleuse plume de Shakespeare, et le talent de metteur en scène de Nicolas Briançon, on goûte à un mélange succulent, drôle et surtout très réussi !
J’avais un peu peur des acteurs « remplaçant », comme Carole Richert, Titania, que j’avais vu interprété par Mélanie Doutey. Mais l’actrice est à la hauteur de la première, c’est-à-dire qu’elle joue bien, sans être non plus remarquable. En revanche, c’est une bonne surprise que Nicolas Biaud-Mauduit, dépassant de loin le jeu de Davy Sardou : ici, l’acteur est investi, plein de vie, insupportable à l’égard d’Héléna, et surtout absolument excellent. La scène entre les quatre amants n’en est que meilleure : c’est une des meilleures scènes du spectacle, les deux homme devenant littéralement fous sur scène, leurs sentiments poussés au maximum, amour ou haine suivant la femme qu’ils ont devant eux, et Marie-Julie Baup composant avec talent un personnage toujours aussi drôle, pitoyable, et exaspérant ! Bonne surprise aussi que le remplacement de Yves Pignot … Enfin je dis « bonne surprise », parce qu’il me semblait impossible de remplacer Yves Pignot, acteur génial que l’on voit souvent jouer avec Nicolas Briançon. Mais celui qui a pris la relève, Eric Prat, le fait avec brio, et égale son prédecesseur. Ainsi, la scène de théâtre dans le théâtre, lors de laquelle les rires se faisaient déjà entendre dans la précédente version, est absolument hilarante : la meilleure scène de tout le spectacle, sans hésiter, et je suis sûre que tous les spectateurs seront d’accord avec moi. C’est simple, la salle rit aux éclats, et les comédiens donnent le meilleur pendant toute la scène : bra-vo ! Je reviens aussi sur le jeu de Nicolas Briançon … Il suffirait du mot « parfait » pour le décrire, mais je peux aussi ajouter une présence incroyable et une transformation sans faute … Je l’avais vu en Mosca (Volpone) il n’y a pas si longtemps, et, bien que j’ai reconnu son visage, j’étais vraiment impressionnée du changement de tonalité de l’acteur : composition impeccable.
Du côté de la mise en scène, signée Nicolas Briançon, on applaudit bien fort aussi. La pièce est comme une foumilière grouillante : elle grouille de sentiments : joie, amour, haine, désir, malice, intelligence, confiance, elle est abondante en émotions, puisque l’histoire rebondit à plusieurs reprises … Et Briançon a su donner un juste milieu à tout ça, tout est équilibré, tout est facilement compréhensible. Et bien que danseurs et ambiance année 80 n’étaient pas indispensables, ils sont utilisés à bon escient et sans exagération : les danseurs se montrent même très utiles lors des scènes dans la forêt, inquiétant en animaux étranges, cachés, impressionnant. Les décors sont idéaux : utiles à la fois pour les scènes dans la forêt, grâce aux barres de métal faisant offices d’arbres, ou pour les scènes au palais, avec cette estrade dressée en fond de scène. 

60 exceptionnelles, ce n’est pas beaucoup, pour un spectacle pareil : dépêchez-vous ! ♥ ♥ ♥

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