Voisin du néant

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Critique des Voisins, de M. Vinaver, mise en scène de Marc Paquien, vu au Poche Montparnasse le 11 octobre 2015, par complice de MDT
Avec Patrick Catalifo, Lionel Abelanski, Alice Berger et Loïc Mobihan

         De bons acteurs, un auteur réputé, un metteur en scène que j’apprécie généralement : c’est en principe la garantie d’une excellente soirée (matinée en l’occurrence), d’autant que les critiques du spectacle sont plutôt bonnes.

         M’aurait-on trompée sur l’intérêt des textes de Michel Vinaver ? Je réserve mon jugement tant que je n’ai pas vu une de ses « grandes » pièces, ou peut-être le Bettencourt boulevard annoncé au TNP. Mais ce qui est sûr, c’est que ces Voisins n’ont à aucun moment su capter mon intérêt.

         Deux voisins, l’un père d’une fille, l’autre d’un garçon (les jeunes gens s’aiment et veulent se lancer dans la restauration) passent de l’amitié à la méfiance et à la haine, pour, on ne sait trop pourquoi, redevenir amis, ce qui détermine, on ne sait trop comment, le suicide du fils (à moins qu’il n’ait été attaqué, mais par qui ?). L’un des voisins est dans les assurances, l’autre dans la production (semble-t-il). Des histoires d’argent, de travail, de commandes de vaisselle, de système mafieux, de construction d’un centre commercial, de rivalités politiques locales, traversent le dialogue sans que l’on comprenne vraiment l’impact de ces informations sur la relation entre les personnages. L’un des voisins est-il responsable d’un vol, ou est-ce le fils ? Pourquoi le fils semble-t-il inconsolable de la mort de sa chienne ? La femme de l’autre est-elle morte assassinée ? Toute une série de pistes se dessinent, dont on ne comprend pas les enjeux, et dont d’ailleurs on se contrefiche totalement. Rien de prenant, rien de touchant. Dès le premier quart d’heure on a hâte que cela finisse.

         Il semble que M. Vinaver ait écrit un dialogue « troué », sans continuité, peut-être pour que le spectateur assemble à sa manière les pièces de ce puzzle incomplet. S’il y avait de vrais personnages, un enjeu passionnel, on accepterait de jouer le jeu, mais la disparition de lingots d’or ou la gestion d’une baraque à frites n’ont rien de très excitant pour l’imagination ou l’affect.

         Les acteurs, chevronnés, se dépêtrent comme ils peuvent de ce texte dénué d’intérêt. Patrick Catalifo compose un personnage un peu bourru, Loïc Mobihan donne au fils une allure demeurée, mais pourquoi ? Tous crient, du début à la fin. Le public, perplexe, applaudit poliment cette dépense d’énergie pour rien. Une soirée (matinée, en l’occurrence) perdue. Ce n’est pourtant pas la coutume, au Poche…

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