#OFF18 – L’Adieu à la scène

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Critique de L’Adieu à la scène, Racine VS La Fontaine, de Jacques Forgeas, vu le 20 juillet 2018 à l’Espace Roseau Teinturiers
Avec Emmanuelle Bouaziz, Baptiste Caillaud, Léo Dussollier, Chloé Stefani, dans une mise en scène de Sophie Gubri

Tout est une histoire d’horaire. Je cherchais d’abord un spectacle du matin me permettant d’assister à une autre représentation aux alentours de 12h20. C’est en feuilletant le programme du OFF que je tombe sur ce titre : L’Adieu à la scène, Racine VS La Fontaine. Étonnée, curieuse, je cherche à en savoir plus et découvre ce spectacle, reprise et coup du coeur du OFF 2017, qui fait valoir dans sa description une pluie de critiques dithyrambiques. Moi aussi, je veux voir ce bijou.

En 1677, Racine annonce qu’il abandonne les tragédies pour se consacrer à son nouvel emploi d’historiographe du roi. Il arrête le théâtre après avoir écrit 10 pièces dont la dernière, Phèdre, a connu un grand succès. Outré par cette décision, La Fontaine, cousin par alliance de Racine, décide de le rencontrer en secret pour tenter de le faire changer d’avis. Ils le convoque alors dans un théâtre sans révéler son identité, par l’intermédiaire de deux admiratrices, faisant croire à Racine, par le lieu choisi, que c’est son ancienne amante la Champmeslé qui désire le voir…

J’ai lu l’an dernier Titus n’aimait pas Bérénice, roman prétexte à raconter la vie de Racine en mêlant une part de fiction à l’histoire de sa jeunesse. Je connaissais donc déjà son éducation à Port-Royal des Champs, chez les jansénistes – ça fait d’ailleurs un an que je veux me rendre sur ses traces – mais j’ai pris plaisir à réentendre l’histoire, à accepter une nouvelle fois que ce dramaturge de génie abandonne l’écriture pour servir entièrement le roi. L’histoire est fidèle, elle m’apprend d’ailleurs le lien qui unit Racine et La Fontaine – sans jamais que le côté pédagogique ne déborde. Au contraire, fiction et réel se mêlent à merveille.

De plus, les quatre comédiens qui portent ce spectacle sont très bons. Mention spéciale à Léo Dussollier et Baptiste Caillaud qui portent leurs rôles avec dignité sans jamais en faire trop, proposant un duo très complémentaire tant en terme de corpulence, de voix, de gestuelle, et de partition. Dommage cependant que les rôles féminins servent une nouvelle fois de faire-valoir aux rôles masculins : leur absence ne changerait rien – ou si peu – au déroulé de la pièce.

Un spectacle qui prouve une fois de plus qu’on ne s’ennuie pas devant Racine et La Fontaine.  ♥

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