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Critique de Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde, de Laetitia Gonzalbes, vu le 11 octobre 2019 au Théâtre de la Contrescarpe
Avec Elliot Jenicot et Anaïs Yazit, dans une mise en scène de Laetitia Gonazlbes

A l’annonce de ce spectacle, j’ai été ravie de découvrir qu’Elliot Jenicot rebondissait sans problème après son départ prématuré de la Comédie-Française. J’ai trouvé cette décision injuste mais elle permettra aussi à ce comédien, cantonné à des rôles trop souvent similaires dans la Maison de Molière, de faire ses preuves dans différents registres. Il change certes radicalement de lieu en passant de la salle Richelieu au Théâtre de la Contrescarpe, mais n’adapte pas sa qualité de jeu à la taille de la salle, et cela reste un plaisir de le retrouver ici.

On ne s’étonne pas de se retrouver sur scène le musicien fantasque qu’est Erik Satie. On comprend rapidement qu’il est dans un hôpital, probablement interné en psychiatrie au vu des questions que lui pose l’infirmière censée s’occuper de lui à ce moment-là. A travers ses questions, on revit le passé de l’artiste, ses amitiés, ses coups de gueule, ses oeuvres, dans une mise en scène rythmée

Cette pièce est un ravissement sur plusieurs points. D’abord visuellement, je dois dire que j’ai été assez emballée par la création visuelle qui accompagne le spectacle en arrière-plan. Esthétiquement, c’est très réussi, et ça vient compléter le duo en lui ajoutant une note de fantaisie permettant de se rapprocher encore davantage de l’univers de Satie. J’ai été aussi très convaincue par le jeu d’Elliot Jenicot, qui n’a plus à prouver qu’il sait jouer l’originalité de ses personnages sans les caricaturer. Il joue simplement le décalage du personnage, y ajoutant une pointe d’humanité bienvenue. J’ai été moins charmée par sa partenaire, Anaïs Yazit, qui gagnerait en authenticité si elle ne cherchait pas sans arrêt l’émotion par forces larmes. On lui reconnaîtra cependant une très belle scène de danse, quasi hypnotique, et un corps très agréable à regarder. Le duo fonctionne bien, les corps, les voix, les mouvements se complètent ; la force de l’un soutient la fragilité de l’autre, mais tout cela n’est peut-être qu’apparence, semble supposer la pièce.

Cependant, je suis partagée sur le fond de ce spectacle. Sans divulgâcher, je dois reconnaître que j’ai été très déçue par la fin qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Une fin qui vient d’ailleurs questionner l’ensemble de ce que l’on vient de voir : moi qui étais fascinée par certains aspects de Satie, cet homme aux multiples parapluies, qui répond aux lettres sans les lire, qui nous décrit sa haine des critiques avec force beaux mots, je me sens soudain flouée dans mon emportement. Comment savoir ce qui correspond au véritable Satie dans ce que j’ai vu ?

Un moment soigné.

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