L’Échange, Théâtre Mouffetard

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vidéo ici

Critique de L’Échange de Paul Claudel, vu le samedi 11 juin 2011 au théâtre Mouffetard
Avec Xavier Lemaire, Grégori Baquet, Gaëlle Billaut-Danno, et Isabelle Andreani, mis en scène par Xavier Lemaire

La première chose qui m’a frappée, devant ce premier Claudel, c’est sa difficulté … Si vous êtes musiciens, vous pourrez comprendre cette comparaison : L’Échange me fait penser au Prélude en do dièse mineur de Rachmaninov. On sait que tout ce qu’il compose s’adresse à des virtuoses, et ce Prélude est le plus facile, ou plutôt le moins difficile qu’il a écrit. Néanmoins, il nécessite un bon nombre d’années de piano. L’Échange, c’est pareil. Claudel laisse derrière lui un bon nombre d’écrits, et parmi ceux-là, l’Échange est le plus abordable ; il n’en reste pas moins extrêmement compliqué … Je suis, d’ailleurs, très loin d’avoir tout compris à la pièce. En résumé, le jeune Louis Laine, 20 ans, est marié à Marthe, une femme à peine plus âgée que lui. Elle a quitté ton pays pour le suivre, aux Etats-Unis, où Louis est engagé par Thomas Pollock et sa femme. Marthe, elle, s’occupe de la maison. Mais Louis délaisse Marthe pour la femme de T. Pollock. Ce dernier voit en Marthe la femme dont il a besoin. Marthe, quant à elle, ne peut se résoudre à échanger Louis contre Thomas …

Ici, Xavier Lemaire choisit de nous présenter la 2e version de L’Échange. La pièce, en effet, a été « remaniée » par Paul Claudel à la fin de sa vie : la première version date de 1894, la seconde arrive 60 ans plus tard. Mais est-ce vraiment la meilleure des deux ? Ce qu’on fait à l’instinct, ce qui est écrit lorsque vient l’inspiration ne donne-t-il pas quelque chose de plus réel, quelque chose de mieux, que lorsqu’on opère des rajouts en essayant d’améliorer une pièce ?

Car ici, enfin pour moi, les longueurs sont présentes. Je n’irais pas jusqu’à dire que l’on s’ennuie, car le texte, même difficile, est agréable à écouter ; il relève du poétique. Malgré tout, certains passages, plus courts (ou même non présents) dans la 1ère version, comme « la confession de Marthe », nous intéresse moins que d’autres … Notre intérêt varie donc selon les différentes scènes.

Cependant, on apprécie la mise en scène ; rien n’est en trop, rien ne manque – tout a été cadrée par Xavier Lemaire, qui interprète également Thomas Pollock Nageoire : bon acteur, avec une voix douce et qui porte. Mais il n’est pas très présent durant la pièce … Contrairement à son épouse, Lechy, jouée par Gaëlle Billaut-Danno : elle est très souvent là, et, son personnage étant actrice, elle apporte du « théâtre dans le théâtre ». C’est, en quelque sorte, une femme fatale ; et elle cherche à enlever Louis Laine à sa femme, Marthe. Et cette femme, c’est Isabelle Andréani qui l’incarne : sincère dans son désespoir, touchante dans ses tentatives de reprendre celui qu’elle aime, j’ai beaucoup apprécié son jeu. Enfin, venons en à un acteur que je connais déjà un peu, que j’ai vu 4 fois, et que j’aime beaucoup : Grégori Baquet.  C’est un excellent acteur, malgré le nombre restreint d’expressions dont il est capable : il semble en effet toujours triste (sans doute à cause de quelques rides au front …). En dépit de cela, il a une très bonne diction, et surtout, parait extrêmement naturel sur scène : ici, par exemple, il passe la première scène nu (acte dont je ne pense pas tous les acteurs capables) après s’être renversé un bassine d’eau en guise de douche. De plus, il est très gracieux lorsqu’il se déplace, dû à ses nombreuses années de danse. C’est un acteur polyvalent, et il a également participé à des comédies musicales comme Roméo et Juliette …

En conclusion, j’estime que cette pièce est à voir pour qui a déjà une certaine « maturité théâtrale » ; les acteurs font toujours en sorte que chaque scène, qu’elle soit plus ou moins intéressante, reste du moins agréable à entendre … et à voir ! 

La Guerre de Troie n’aura pas lieu, Lycée Louis-le-Grand

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Critique de La Guerre de Troie n’aura pas lieu, vu le 01 juin 2010 au lycée Louis Le Grand
Distribution BRISÉIS, plus d’information ici

Jean Giraudoux, c’est tout nouveau, pour moi. J’en avais entendu parler, mais je n’avais ni lu ni vu. Et là, après avoir assisté à la représentation de ce qui semble être son plus grand succès, je ne suis pas fan. Je n’ai pas trouvé ça extraordinaire. Je me suis même ennuyé. En clair, je ne comprends pas comment Jean Giraudoux a été élevé à l’étage des « Grands ». Pour l’époque, peut-être… La Guerre de Troie n’aura pas lieu, à l’époque de la seconde guerre mondiale … On peut saisir un double sens. Mais aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi, comment, par quels moyens cette pièce est encore considérée comme « bonne ». Je n’ai vraiment pas aimé ; j’ai trouvé cela très vieillot, très misogyne, très lourd, parfois même, vulgaire.

Pourtant, il faut reconnaître que les élèves du club théâtre du Lycée Louis le Grand ont fait un bon travail ; ce n’était pas facile de s’attaquer à une pièce pareille … De manière général, travailler une pièce « différente » est beaucoup plus dur qu’un texte qui coule tout seul.

Je me suis demandée « Pourquoi ? » . Pourquoi avoir choisi cette pièce ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse : le nombre de personnages. En effet, plus de 25 élèves sont inscrits au club théâtre de LLG. Cette pièce comporte deux distributions différentes (Liste 1 : Achille – Liste 2 : Briséis) et, bien que certains élèves participent aux deux distributions, d’autres ne sont présents que sur une.

Donc, après s’être demandé, à l’entracte, « on part ou on reste ? » (nous sommes restées car je déteste partir lors d’un spectacle – ne pas connaître la fin (même si on peut s’en douter) ou les péripéties qui suivront m’est insupportable), et s’être bien ennuyé, je pense être en mesure de pouvoir détailler le jeu des principaux acteurs : le metteur en scène (Jean Briault) jouait, ici, Hector – il s’est donné le rôle principal, ce qui n’est pas forcément facile – il s’en sortait assez bien, mais il manquait de tension à son personnage (après tout, il est en pleine négociation pour savoir si, oui ou non, il y aura la guerre)… Andromaque (Elisabeth Lacombe), sa femme, n’était pas non plus mauvaise, même si ses intonations de voix m’énervaient un peu trop souvent… J’ai beaucoup aimé Caroline Giraud et Marie Villiers, qui jouaient mère et fille (Hécube et Polyxène), qui étaient très natures sur scène et formaient un vrai petit duo. Un autre, qui n’était pas timide, c’est Samuel Lhuillery, peut-être celui que j’ai préféré, qui incarnait Pâris ; son côté « tombeur de ces dames » ressortait à merveille, et il allait tout à fait bien avec sa partenaire, Hélène (Mathilde Perrot). Cassandre, Galatée Hemery, était peut-être un peu trop statique à mon goût … mais rien de grave.

Une note aussi à Gabriel Lazrak, qui jouait Troïlus (rôle qui ne semble pas du tout essentiel), et dont le jeu était presque irréprochable (peut-être parlait-il un peu trop vite).

Une dernière chose … Lorsque le rideau s’ouvre, on est étonné de découvrir, de part et d’autre de la scène, des spectateurs, assis sur des chaises, se demandant pourquoi on les a fait venir ici. A vrai dire, je me le suis demandé aussi, car pas à un moment il ne bouge, ne parlent, n’agissent. Je pense donc qu’ils ont le rôle des Dieux, qui observent et s’amusent avec les hommes…

En un mot, le problème venait plus de la pièce que du jeu des élèves ; ceux-ci présentent La Guerre de Troie n’aura pas lieu au festival Off à Avignon cet été, je leur dit donc un gros MERDE car ce ne sera sûrement pas facile …

Fin de Partie, Théâtre de la Madeleine

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Critique de Fin de Partie, de Samuel Beckett, vu le 21 mai 2011 au théâtre de la Madeleine
Avec Serge Merlin, Jean-Quentin Châtelain, Michel Robin, et Isabelle Sadoyan, mise en scène d’ Alain Françon

Pour qui ne connaîtrait pas Beckett, cela pourrait être très déroutant … Je ne connaissais pas bien Beckett (j’avais juste étudié des extraits d’En attendant Godot), j’ai été déroutée.

Tout d’abord, il faut se faire à l’idée qu’il n’y a pas d’histoires réelle ; on part d’un rien, et je ne sais même pas si l’on peut dire que l’on arrive à quelque chose … Le temps a passé entre le début de la pièce et la fin, les personnages en sont conscients, ils nous le font d’ailleurs remarquer par des phrases, répétitives, comme « C’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir » ou encore « quelque chose suit son cours » … Tout tourne autour d’une fin, probable (et même certaine), dans un avenir plus ou moins proche … Les personnages attendent cette fin, la désirant parfois, ou repoussant le moment à plus tard … Il n’y a donc pas de réelle histoire, on attend, on se demande à quoi l’auteur essaie de nous mener, on est étonné par le manque de sentiments dans la pièce … Pas d’amour, pas de gaieté, même pas d’amitié … Je ne saurais même pas « classer » la pièce ; elle n’est pas tragique car on rit, parfois ; mais elle n’est pas non plus comique, à cause notamment des thèmes abordés, de la vie morne des personnages, de leur lassitude, de leurs problèmes, de leurs maladies. La mort rôde, elle emporte même un des personnages …

Il faut aussi préciser que, chez Beckett, et c’est un de ses « marqueurs différentiels », les personnages mis en scène sont souvent des SDF, quelquefois avec un fort taux d’alcool dans le sang (pour ne pas dire bourrés), et qui mènent une vie de misère ; ici, 4 personnages : Hamm, un homme aveugle, dans l’incapacité de se lever, en fauteuil roulant, magistralement incarné ici par Serge Merlin ; cet homme, qui m’était tout à fait inconnu, est un véritable monument du théâtre … Il semble créer la misère autour de lui alors qu’il attend la vie … Son jeu, et tout particulièrement son jeu de main (il agite beaucoup ses doigts, c’est très particulier à expliquer, mais cela rend très bien sur scène), a retenu mon attention ; il se montre extrêmement autoritaire (comme le veut son rôle) envers Clov, qui sort d’on ne sait où (son fils, peut-être ? Ce n’est pas très clair), qui l’aide dans sa vie quotidienne, et qui est un peu son opposé ; en effet, contrairement à Hamm qui ne voit pas et doit rester assis, lui ne peut se poser sur une chaise et ses sens sont en parfait état de marche, voilà pourquoi il est au service de Hamm depuis un bon nombre d’années, à ce qu’on peut comprendre. Jean-Quentin Châtelain m’a beaucoup étonnée, il semble souffrir le martyre, plié en deux pendant 2 heures, avec des mouvements de l’ordre de ceux d’un rat, ou d’une souris, enfin de ces animaux qui bougent très vite, et dont on ne peut prévoir les intentions. Il est presque le dernier élément qui paraît « en vie » dans cette sorte de trou, de puit, de vide où les personnages vivent. Cette sensation de vide est renforcée par un décor gris, très haut, mais dont les murs sont bien fermés, et qui ne semble laisser aucun échappatoire. Les parents de Hamm sont également présents, Nagg et Nelle, Michel Robin et Isabelle Sadoyan, très naïfs, très âgés, très pâles, affamés, sortant de poubelles, dormant une bonne partie du temps, attendant la mort, ou des confiseries qui ne viendront jamais.

On participe à la misère de ces gens, à leur vie monotone, toujours dans les mêmes tons, enfermés, coupés du monde et de la lumière, quelque part, sur Terre.

En clair, c’était totalement … Absurde.

Notons également que toutes les mises en scène de Beckett se ressemblent beaucoup, car cet auteur a la particularité d’indiquer absolument tous les détails dans ses pièces ; on peut ainsi lire « Clov va se mettre sous la fenêtre à gauche. Démarche raide et vacillante. Il regarde la fenêtre à gauche, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête, regarde la fenêtre à droite. Il va se mettre sous la fenêtre à droite. Il regarde la fenêtre à droire, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête et regarde la fenêtre à gauche. » Cela met déjà dans l’ambiance de répétitions de la pièce !

Malgré tout, il me semble que j’ai assisté à une excellente mise en scène, qui ne laisse pas indifférent.

Pour un oui ou pour un non, EABJM

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Critique de Pour un oui ou pour un non, de Nathalie Sarraute, vu le 30 avril 2011 à l’EABJM
Avec Arnaud Denis, David Zeboulon, Jocelyne Mucig, et Olivier Bellot, mis en scène par le duo Arnaud Denis et David Zeboulon

« 6 représentations exceptionnelles » de Pour un oui ou pour un non, avec un de mes acteurs favoris, c’était à ne surtout pas manquer ! J’ai donc réservé des places, et nous nous sommes rendues à l’École Active Bilingue Jeannine Manuel hier soir.

C’est une pièce courte et qui nécessite peu d’acteurs ; 2 principaux, et 2 voisins. Le duo principal représente deux grands amis, dont l’amitié risque d’être brisée à cause d’une légère intonation dans la voix, qui laisserait sous-entendre le mépris, presque la supériorité. C’est donc une amitié qui se déchire « pour un oui ou pour un non ».

Ici, on découvre une mise en scène parfaitement au service du texte ; en effet, tout oppose les deux personnages ; l’un est en costume noir avec souliers vernis, l’autre habillé de lin blanc et pieds nus, mais on remarque aussi que tous les gestes sont pensés, et qu’on pourrait, à plusieurs reprises, placer un axe de symétrie entre eux deux, ils seraient parfaitement opposés. Même leurs accessoires sont ajustés ; ils portent tous deux une bague au même doigt, et, à un certain moment, Arnaud Denis, qui est en noir, desserre sa cravate (noire également), et laisse apparaître le revers de celle-ci : elle est blanche … cela nous montre aussi qu’il possède son « côté blanc ». Malgré cet « échange de couleurs », on peut remarquer l’accentuation de l’opposition au fil du spectacle, cet éloignement entre ces amis, ces frères, est marqué aussi par le « jeu » des accessoires ; nos deux personnages utilisent à plusieurs reprises des chaises (pour s’asseoir, pour se tenir …) ; et on peut remarquer qu’au début de la pièce, le personnage blanc possède la chaise noir, et inversement. Mais, vers les deux tiers de la pièce, sans que le spectateur s’en aperçoive, chacun des personnages retrouve la chaise « de sa couleur » ; les deux hommes sont ainsi plus éloignés, ils se comprennent moins et l’opposition en est d’autant plus réelle.

Le jeu des acteurs suit la qualité de la mise en scène ; ils utilisent beaucoup le jeu de regards, marquant ainsi l’élément principal de la pièce : le sous-entendu, l’implicite ; beaucoup de choses peuvent s’échanger en un regard … Ils peuvent jouer l’espoir, l’attente de la réponse, l’énervement, la tristesse, tout en nous faisant croire qu’on assiste réellement à une mésentente entre amis, qu’on n’est pas au théâtre, que tout n’est pas pensé, appris, et qu’ils cherchent leurs paroles (pas dans le sens où ils ne connaissent pas leur texte ; mais dans le sens réel et intuitif des choses).

Les deux autres acteurs, dans le rôle des voisins, qui sont beaucoup moins présents, sont en parfait décalage avec le duo principal ; ils ne comprennent pas vraiment ce que nos deux personnages cherchent à expliquer, et ajoutent du comique à la situation.

Enfin, je dois tout de même souligner les conditions, pas très bonne, dans lesquelles jouent les comédiens ; le métro passe assez souvent (remarquez, ça renforce la tension déjà présente), et, la première fois que nous l’avons vu, nous avons eu droit au bruit des agents de service … auquel se rajoutent les bruits des enfants (enfin, quelle idée d’emmener un gosse de 6 ans voir ce genre de spectacle ?!). Ils ont vraiment du mérite d’arriver à jouer !

En un mot, il faut aller le voir et remplir la salle ; la pub manque à ce spectacle, faites-en le plus possible, prévenez famille et amis (plus d’information ici) … parce que … et je le dis sans aucun implicite, ni aucun mépris :

C’était vraiment très très bien, ça !

Placement : premiers rangs, milieu.

L’asticot de Shakespeare, Théâtre Galabru

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Critique de L’asticot de Shakespeare créé et interprété par Clémence Massart, vu le 28 avril 2011 au théâtre Galabru.

Je préviens le lecteur que la critique sera courte, je n’ai pas beaucoup de chose à dire sur le spectacle.

Le thème : la Mort. Une femme, Clémence Massart, a créé un one-woman show autour de plusieurs textes sur ce même thème. Ça peut paraître glauque, mais il paraissait que c’était bien ; alors « pourquoi pas ? ».

La salle est minuscule et, il faut le dire, peu remplie.

L’actrice arrive enfin sur scène ; son costume la transforme en asticot et, en vraie comédienne, elle ne sait pas seulement interpréter un rôle, mais également jouer d’un instrument, et (un peu) chanter. Au programme : Hamlet (Shakespeare), Le Mort Joyeux (Baudelaire, à la manière de Sacha Guitry), Ne chantez pas la mort (Jean-Roger Caussimon), Le Grand Troupeau (Giono), La Mort (Vladimir Jankélévitch), Le Voyage (Baudelaire à la manière de Sarah Bernhardt), Les carnets d’un jeune homme (Philippe Caubère), Roméo et Juliette (Shakespeare).

Le décor est composé de ses divers déguisements : elle se change sur scène, utilisant chapeaux, moustaches, vestes, ou encore chaussure symbolisant une jambe de bois (pour Sarah Bernhardt).

Malheureusement, je n’ai pas pu saisir toutes les allusions durant son spectacle (comme son imitation de Sacha Guitry …) ; il est donc réservé aux personnes assez (voire très) cultivées. De plus, comme certains passages étaient en anglais (et que, il faut le dire, je suis très loin d’être bilingue), j’ai un peu eu du mal (surtout sur Roméo et Juliette – Acte III scène 1 – que je ne connais pas du tout).

Enfin, il faut le dire, je me suis ennuyée. Ce n’est pas le genre de spectacle qui me plaît … bien que l’artiste n’y soit pour rien ! Clémence Massart dit merveilleusement bien, elle sait jouer d’un instrument (et même de plusieurs, trompettes, accordéon … elle joue parfois des deux en même temps !), et on a beaucoup de plaisir à entendre certains textes (Baudelaire, par exemple). Le texte de Giono, il faut le dire, est assez dur (âmes sensibles s’abstenir) …

En conséquence, je le conseille pour qui aime les « seul en scène – textes dits » autour du thème de la Mort …

Placements : premiers rangs.

Retour sur les Molières …

Le 17 avril 2011 a eu lieu la 25e cérémonie des Molières.

Je l’ai regardée et je n’ai pas encore eu l’occasion de faire mon petit commentaire …

Dans l’ensemble, c’est tout de même une heureuse surprise. On avait l’habitude de voir une cérémonie ennuyeuse, sans enthousiasme et sans gaieté. Cette année, la cérémonie était animée par Laurent Lafitte (comédien et auteur), qui mettait beaucoup de « punch » dans la cérémonie, et animait avec l’entrain nécessaire, et qu’on ne connaissait pas jusqu’alors pour la présentation des Molières. Cet acteur est entouré, au cours de la cérémonie, par (entre autres) Guillaume Gallienne, Judith Magre, et Valérie Bonneton.

La cérémonie commence par une pièce de Victor Haïm, Jeux de Scène, mise en scène par Zabou Breitman, qui, avec Léa Drucker, forme un duo dynamique. Malgré tout, la pièce ne nous tient pas en haleine, et elle passe lentement.

Enfin, une heure plus tard, la cérémonie commence.

Voici les différents prix :

Molière du comédien ; sont nommés :

–       Niels Arestrup pour Diplomatie
–       Jean-François Balmer pour Henri IV
–       Jean-Claude Dreyfus pour Le mardi à Monoprix
–       André Dussollier pour Diplomatie
–       Christian Hecq pour Un fil à la patte
–       Micha Lescot pour Les Chaises

« Et le Molière du comédien est attribué à Christian Hecq. »

[ … Comment ?!  J’ai vu Un fil à la patte lors de sa diffusion télé, et, bien que Christian Hecq (qui jouait Bouzin) était très bon, il jouait trop « perso » (un des plus gros défauts des acteurs de la comédie française, peut-être : ils ne donnent pas assez aux autres et donc ne donnent pas l’impression d’une troupe réellement soudée). A l’opposé de ce type de jeu, Niels Arestrup et André Dussollier, dans la formidable pièce Diplomatie, qui, à mon humble avis, méritait plus que n’importe qui ce Molière (d’ailleurs, je n’aurais pas su lequel des deux choisir …). ]

Molière de la comédienne dans un second rôle ; sont nommés :

–       Valérie Benguigui, dans Le Prénom
–       Brigitte Catillon, dans Nono
–       Dominique Constanza, dans Un fil à la patte
–       Nanou Garcia, dans Aller chercher demain
–       Christiane Millet, dans Funéraille d’hiver
–       Bulle Ogier, dans Rêve d’Automne

« Et le Molière de la comédienne dans un second rôle est attribué à Bulle Ogier. »

[ Sans commentaire ; je n’avais pas vu les pièces – mise à part Un Fil à la Patte ]

Molière du comédien dans un second rôle ; sont nommés :

–       Maxime d’Aboville, dans Henri IV
–       Jean-Michel Dupuis, dans Le Prénom
–       Guillaume Gallienne, dans Un fil à la patte
–       Thierry Hancisse, dans Un fil à la patte
–       Guillaume de Tonquédec, dans Le Prénom
–       Bernard Verley, dans Rêve d’Automne

« Et le Molière du comédien dans un second rôle est attribué à Guillaume Gallienne. »

[ Molière mérité, à mon avis. C’est un excellent acteur, et c’est vrai qu’il rayonnait dans ses deux rôles du Fil à la Patte. Ceci dit, je connaissais aussi, un peu, Maxime d’Aboville, qui est également un très bon acteur … ]

Molière de la pièce comique ; sont nommés :

       Le gai mariage, au Théâtre des Nouveautés
–       Le Prénom, au Théâtre Édouard VII
       Le Technicien, au Théâtre du Palais-Royal
       Thé à la menthe ou t’es citron ? au Théâtre Fontaine

« Et le Molière de la pièce comique est attribué à Thé à la menthe ou t’es citron ? »

[ Sans commentaire, je n’avais vu aucune pièce ]

Molière du jeune talent féminin ; sont nommés :

–       Audrey Lamy, dans Dernières avant Vegas
–       Aurore Auteuil, dans Le vieux juif blonde
–       Georgia Scalliet, dans Les Trois Sœurs
–       Anaïs Demoustier, dans Le Problème

« Le Molière du jeune talent féminin est attribué à Georgia Scalliet. »

[ Je l’avais vue dans Un fil à la patte … Mmmh … Oui, c’est une bonne actrice ]

Molière du jeune talent masculin ; sont nommés :

–       Grégory Benchenafi, dans Mike
–       Laurent Cazanave, dans Brume de dieu
–       Davy Sardou, dans Le Nombril
–       Benjamin Jungers, dans La Maladie de la famille M.
–       Guillaume Marquet, dans Le Dindon

« Et le Molière du jeune talent masculin est attribué à Guillaume Marquet. »

[ Sans commentaire aucun – Je n’ai vu aucune des pièces présentée ]

Molière de l’adaptateur/traducteur ; sont nommés :

–       Florence Delay, dans La Célestine
–       Alain Ganas, dans Le mec de la tombe d’à côté
–       Dominique Hollier, dans Harper Regan
–       Julien Sibre, dans Le repas des fauves

« Et le Molière de l’adaptateur/traducteur est attribué à Julien Sibre. »

[ Je n’avais vu aucune pièce, mais je sais que Le repas des fauves a connu un grand succès, inattendu d’ailleurs… ]

Molière du théâtre musical ; sont nommés :

–       Mamma Mia ! au Théâtre Mogador
       Mike, au Théâtre Comédia
       La nuit d’Elliot Fall, au Théâtre du Caramel Fou
–       Une Flûte Enchantée, au Théâtre des Bouffes du Nord

« Et le Molière est attribué à Une Flûte Enchantée. »

Cela me permet de préciser que le metteur en scène, Peter Brook, a également reçu le Molière d’Honneur 2011.

Molière du créateur de costumes ; sont nommés :

–       David Belugou, pour Nono
–       Vanessa Sannino, pour Un fil à la patte
–       Françoise Tournafond, pour Les Oiseaux
–       Jean-Daniel Vuillermoz, pour Henri IV

« Et le Molière est attribué à Jean-Daniel Vuillermoz. »

[ Je n’ai pas vu Henri IV ; mais j’ai vu Les Oiseaux – des costumes d’oiseaux, quoi de plus facile ? Non, sans rire, beaux costumes … sans doute ce qui était le plus réussi dans la pièce – et Un fil à la patte – comme habitude à la Comédie-Française, beaux costumes car grands moyens) ]

Molière du créateur lumière ; sont nommés :

–       Dominique Bruguière, pour Rêve d’Automne
–       Fabrice Kebour, pour Pluie d’Enfer
–       Pascal Noël, pour Mike
–       Eric Soyer et Jean-Gabriel Valot, pour Ma Chambre Froide

« Et le Molière est attribué à Dominique Bruguière. »

[ Sans Commentaire – Je n’ai vu aucune des pièces ]

Molière du décorateur/scénographe ; sont nommés :

–       Camille Duchemin, pour Le repas des fauves
–       Bernard Fau, pour Nono
–       Jean Haas, pour Le Dindon
–       Richard Peduzzi, pour Rêve d’Automne

« Et le Molière est attribué à Richard Peduzzi. »

[ Sans Commentaire – Je n’ai vu aucune des pièces ]

Molière de la comédienne ; sont nommées :

–       Valéria Bruni Tedeschi, dans Rêve d’Automne
–       Julie Depardieu, dans Nono
–       Maaïke Jansen, dans Le Technicien
–       Catherine Hiegel, dans La Mère
–       Hélène Vincent, dans La Célestine
–       Dominique Reymond, dans Les Chaises

« Et le Molière est attribué à Catherine Hiegel. »

[ Sans Commentaire – Je n’ai vu aucune des pièces ]

Molière de l’auteur francophone vivant ; sont nommés :

–       Denis Chalem, pour Aller chercher demain
–       Daniel Colas, pour Henri IV
–       Emmanuel Darlev, pour Le mardi à Monoprix
–       Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, pour Le Prénom
–       Valère Novarina, pour Le vrai sang
–       Joël Pommerat pour Ma chambre froide

« Et le Molière est attribué à Joël Pommerat. »

[ Sans Commentaire – Je n’ai vu aucune des pièces ]

Molière du metteur en scène ; sont nommés :

–       Philippe Adrien, pour Le Dindon
–       Patrice Chéreau, pour Rêve d’Automne
–       Marcial di Fonzo, pour La Mère
–       Julien Sibre, pour Le repas des fauves
–       Bernard Murat, pour Le Prénom
–       Joël Pommerat, pour Ma chambre froide

« Et le Molière est attribué à Julien Sibre. »

[ Sans Commentaire – Je n’ai vu aucune des pièces ]

Molière du spectacle jeune public ; sont nommés :

–       Vy, de Michèle Nguyen
–       P.P. les p’tits cailloux, d’Annabelle Sergent et Vincent Loiseau
       Terres !, de Lise Martin
–       Y es-tu ?, d’Alice Laloy

« Et le Molière est attribué à Michèle Nguyen. »

[ Sans Commentaire – Je n’ai vu aucune des pièces ]

Molière des compagnies ; sont nommés :

       Dom Juan, par René Loyon/Compagnie RL
       Les Femmes Savantes, par Marc Paquien/Compagnie de l’Intervention
       Ma Chambre Froide, par Joël Pommerat/Compagnie Louis Brouillard
       Le mardi à monoprix, par Michel Didym/Compagnie Boomerang

« Et le Molière est attribué à Joël Pommerat/Compagnie Louis Brouillard. »

[ Sans Commentaire – Je n’ai vu aucune des pièces ]

Molière du théâtre privé ; sont nommés :

       Diplomatie, au Théâtre de la Madeleine
       Le mec de la tombe d’à côté, au Théâtre de la Renaissance
       Henri IV, au Théâtre des Mathurins
       Le repas des fauves, au Théâtre Michel

« Et le Molière est attribué au Repas des Fauves. »

[ Là encore, indignation ! Outrage ! Je peux comprendre que cette pièce soit bonne, mais lorsqu’on a vu Dipomatie, on ne peut trouver meilleure pièce ! Ca saute aux yeux, c’est incontestable ! Mince, alors ! ]

Molière du théâtre public ; sont nommés :

       Les Chaises, au Théâtre Nanterre-Amandiers
       Le Dindon, au Théâtre de la Tempête
       Rêve d’Automne, au Théâtre de la Ville

       Un fil à la patte, à la Comédie-Française

« Et le Molière est attribué à Un fil à la patte. »

[ La pièce était bonne, sans être excellente non plus … Je trouve d’ailleurs que le succès qu’elle a eue est un peu immérité, et encore une fois, on se demande si cette affluence de personnes ayant la soudaine envie de voir cette pièce n’est pas due au fait qu’elle passe à LA COMÉDIE-FRANÇAISE. Autre chose avec laquelle je ne suis pas d’accord ; le discours de Muriel Mayette, directrice de la C-F, qui annonce qu’ils sont une famille, soudés, amicaux … alors qu’ils se licencient entre eux !!! ]

En conclusion, je suis très déçue que Diplomatie n’obtienne aucun Molière ; il me semble tout de même que c’est une pièce extraordinaire, et ceci est tout de même dû aux deux acteurs exceptionnels qui la portent sur leurs dos.

De plus, il me semble que ce que Mr. Galabru a dit était vrai ; excepté pour les « jeunes talents », ce sont toujours les mêmes qui reçoivent les Molières, souvent des acteurs plutôt âgés ; et il me semble qu’il manque plusieurs noms dans la liste des nommés [regardez les différents articles du blog, vous verrez de qui je parle].  Ok, je m’explique. Je pense notamment à Arnaud Denis en tant que « jeune talent » ou/et « metteur en scène », à Jean-Marie Besset pour « auteur francophone vivant » (bien qu’il n’aie rien publié cette année ; il l’aurait mérité pour une autre année – il a déjà été nommé, ceci dit ! – …), ou encore aux Carboni pour « spectacle musical » (mais , pour ces derniers, ce n’est pas le « genre » des Molières…)

Les Serments Indiscrets, Théâtre des Athévains

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Critique des Serments Indiscrets de Marivaux, vu le 21 avril 2011 au théâtre des Athévains
Avec Jacques Bondoux, Cédric Colas, Frédérique Lazarini, Isabelle Mentré, Julie Pouillon, Dimitri Radochévitch, Arnaud Simon, mise en scène de Anne-Marie Lazarini

Lucile et Damis, promis l’un à l’autre (décision prise par leurs pères), sont réticents, tous deux, à l’idée du mariage. Ils ne se sont jamais vus et ne savent pas comment annoncer à l’autre leur décision de ne pas se marier. Finalement, ils se jurent qu’ils ne s’engageront pas. Après avoir fait ce serment, ils se regardent pour la première fois et … tombent follement amoureux l’un de l’autre. Mais Lucile ne veut pas l’admettre …

Ainsi, vous l’aurez compris, deux acteurs principaux (ici, Julie Pouillon et Arnaud Simon). Deux rôles importants. Deux distributions à ne pas rater. Ici ? Damis est très bon, il est parfaitement dans son rôle, et, avec son valet (interprété par Cédric Colas), ils forment un parfait duo. Malheureusement, l’autre rôle principal, Lucile, jouée par Julie Pouillon, est vraiment … ça me fait mal de le dire, mais elle est mauvaise. Elle est tellement hors de son rôle (en fait, je pense qu’elle n’est pas à la hauteur, au départ : ses intonations sonnent faux, elle garde toujours la même « mimique » sur le visage -sourcils froncés-, et certaines de ses fins de phrase sont inaudibles) qu’on en vient à se dire, lorsqu’elle entre en scène « Oh NAAAAN ! », et lorsqu’elle en sort « Yeeeees ! ». Elle gâche la pièce ! En fait, pour une petite comparaison, c’est comme si on accumulait des « Smile' » lorsqu’elle sort et qu’on les perdait tous lorsqu’elle revient. Heureusement, d’autres rôles, moins importants, plus « légers » peut-être, tels que le rôle de la soeur de Lucile, Phénice (Isabelle Mentré, dont l’articulation est très marquée, presque exagérée, mais qui nous surprend agréablement tout au long de la pièce), ou encore Lisette (Frédérique Lazarini, qui nous enchante dans son rôle suivante « autoritaire » de Lucile, qu’elle joue de manière enthousiaste – le contraste avec sa maîtresse en est d’autant plus flagrant). Notons aussi le duo des pères (Dimitri Radochévitch et Jacques Bondoux, qui nous font sourire à chacune de leur apparition).

Autre défaut de la pièce ; le décor : tout est blanc (regardez la photo, la matière des décors fait en sorte que toutes les paroles des acteurs résonnent énormement, ce qui est très désagréable …), avec quelques énormes galets de ci de là, qui s’allument entre les actes, on ne sait trop pourquoi (si quelqu’un trouve, qu’il me prévienne !), et un clavecin dans le coin, dont personne ne joue, et qui ne sert que lorsque des acteurs s’asseyent dessus. De plus, les costumes des acteurs sont sales (tâche rose sur le pantalon du valet, traîne de Lucile grise au lieu d’être blanche), il semble qu’ils n’ont pas été lavés depuis 1 mois …

Enfin, la fin, (la photo ci-dessus en est tirée), est incompréhensible … La soeur de Lucile amène un perroquet, et tous les acteurs se regroupent autour de l’animal et le regardent tendrement, presque amoureusement, en murmurant des paroles inaudibles.

En conclusion, comme la pièce n’est gâchée que par une actrice, et que le texte de Marivaux reste tout de même très beau (on peut même dire « magnifique »), on ne regrette pas de voir ce spectacle (et puis, après tout, ne nous mentons pas, nous savons tous que c’est aussi bon de pouvoir vanter le jeu merveilleux d’un acteur que de critiquer le mauvais jeu d’un autre … !). Ainsi, profitez !

Placement : Premier rang (tiens, ça me rappelle que je n’aime pas ce genre de salle, où il n’y a pas de « scène » à proprement parlé, dans la mesure où le plateau n’est pas surélevé, où les acteurs et le public se touchent presque, pour peu que ce dernier étende un peu les jambes …)

La Vie Parisienne, Théâtre Antoine

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Critique de La Vie Parisienne de Offenbach, vu Mardi 12 Avril 2011 au Théâtre Antoine
Avec David Alexis, Adrien Biry, Emmanuelle Bougerol, Fabian Ballarin, Thomas Dalle, Noémie Delavennat, Hervé Delvoder, Isabelle Fleur, Anna Lafont-Jouan, Agnès Pat’, Marion Lepine, Clément Pouillot, et Vanessa Moubarak, mis en scène Alain Sachs

Je sais qu’on pourrait me reprocher d’apporter une mauvaise critique pour ce spectacle car après tout, tous les acteurs savaient chanter (oui, et bah pour une operette, c’est la moindre des choses, il me semble !), tous les acteurs savaient jouer (et puis c’est pas comme si on allait payer 40€ pour voir des gens qui ne sont pas fichus d’aligner 3 mots sans bafouiller), et enfin, que certains avaient un talent comique (oui, bon, ça, c’est vrai que c’est pas donné à tout le monde, et que c’est plutôt un atout).
Mais le problème, (et c’est tout de même un gros problème), réside essentiellement dans la mise en scène : c’est trop facile… ça devient trop facile, ce genre de mise en scène ; regardez la photo, c’est le début de la pièce. Les acteurs, sans costumes, sortent d’on ne sait où, entrent, découvrent une partition, et se mettent tous à chanter en choeur « nous sommes employés de la ligne de l’ouest », sans bouger, sans accompagnement, juste en lisant une partition. Puis, chacun ayant le texte en main, ils jouent, comme s’ils déchiffraient. Ils inventent des moues, butent même sur quelques mots. 
Pour moi, cela, c’est vraiment lorsqu’on n’a pas d’idée de mise en scène ; je me répète, mais c’est vraiment la mise en scène « de base », la mise en scène « facile ». Le genre de mise en scène qu’on a déjà vu plusieurs fois ; qui est bien la première fois, mais au bout de 3 fois, on commence à s’en lasser …
Heureusement, ils ne gardent pas le texte durant toute la pièce (cela aurait vraiment eu don de m’énerver, je pense). Ils changent de « costumes » (ce sont plutôt leurs vêtements de tous les jours) à plusieurs reprises, chantent, dansent même, parfois. Je dois le reconnaître, ils sont vraiment à fond, ils sont polyvalents, jouent d’au moins un instrument, et savent jouer, chanter, et danser pour certains ; mais cela ne suffit pas, et ce n’est pas du tout ce que l’on attend d’une Vie Parisienne. On est là pour de la gaieté, un grand orchestre, de l’enthousiasme, un choeur consistant, quelque chose de plus … grandiose, en quelque sorte.
Donc, en conclusion, je ne comprends pas trop pourquoi, et surtout comment ce spectacle « survit » depuis plus d’un an, a attiré les foules, et les bonnes critiques. Ceci dit, aujourd’hui, dans la salle, il n’y a pas grand monde.

Placement : Premiers rangs ; la scène n’est vraiment pas haute ! 

L’Illusion Conjugale, Théâtre de l’Oeuvre

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Critique de L’Illusion Conjugale, de Éric Assous, vu le 5 avril 2011 au théâtre de l’Oeuvre.
Avec Jean-Luc Moreau, Isabelle Gélinas, et José Paul ; mis en scène par Jean-Luc Moreau

L’Illusion conjugale … Un homme et une femme qui décident de s’avouer le nombre de liaisons extra-conjugales (durant leur mariage). C’est un bon départ, n’est-ce pas ?

De plus, les acteurs sont vraiment excellents, tous les trois ; José Paul, que je connaissais déjà, est toujours aussi drôle, aussi intéressant lorsqu’il joue ; Jean-Luc Moreau, que je découvre, est très bon lui aussi, dans un autre style cependant (j’aurais du mal à l’expliquer, mais disons qu’il a l’air de moins « mesurer l’impact que ses paroles auront sur le jeu », de négliger, en quelques sortes, ses silences, et ses intonations) ; la seule femme du trio, enfin, excelle également, Isabelle Gélinas, avec ses nombreuses mimiques, et ses airs innocents très travaillés, nous ravit.

Malgré tout, je regrette un peu la monotonie, et le « manque de recherche » du texte. En effet, à plusieurs reprises, l’auteur semble avoir manqué de finesse, et on devine aisément la suite de l’histoire. De plus, il y a certains moments où on s’ennuie… Et enfin, j’ai eu l’impression que même l’auteur ne savait pas, à plusieurs reprises, où il voulait en venir ; la fin « ouverte » est-elle si décidée ou n’a-t-il trouvé aucune explication à cette histoire capilotractée (par moments) ?

Mais bon, les acteurs parviennent à effacer ce « manque » de bon texte, et on parvient à passer, dans l’ensemble, un assez bon moment.

Placement : contrairement à ce que d’autres pensent, j’ai assez aimé le premier rang, car la scène n’est pas très haute, et les acteurs jouent souvent dans le fond.

Diplomatie, Madeleine

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Critique de Diplomatie, de Cyril Gely, vu le samedi 3 avril au théâtre de la Madeleine
Avec Niels Arestrup, André Dussolier, et 3 autres jeunes acteurs dont les noms sont introuvables ; mis en scène par Stephan Meldegg

Extraordinaire, fabuleux, magnifique, génial … Voilà ce que m’inspire ce spectacle. « Parfait ». Est-ce possible, enfin ?

L’histoire, pourtant, n’est pas si « théâtrale » … Un dialogue, entre Raoul Nordling, un consul suédois, joué par André Dussolier, et Dietrich von Choltitz, un général allemand, incarné par Niels Arestrup. Ce dernier s’apprête, par ordre d’Hitler, à faire sauter Paris. Le consul va donc tout faire pour qu’il change d’avis.

Niels Arestrup est tout simplement parfait en officier nazi ; il EST son personnage, c’est-à-dire que, à aucun moment, on n’a l’impression d’être au théâtre. Il est dans un état de nervosité impressionnant, son personnage n’ayant pas dormi de la nuit, et devant se résoudre à prendre une grande décision… Cet acteur, nommé aux Molières 2010 (meilleur comédien), est époustouflant, et dégage une telle énergie qu’on a l’impression qu’il risque de s’écrouler d’un moment à un autre …

Dussolier, quant à lui, excelle également ; son rôle est plus « détendu » que celui d’Arestrup, c’est lui qui parvient à faire sourire le public quand son interlocuteur le fait pleurer.  Il est également nommé dans la catégorie « Meilleur comédien », et je pense que, plus « restreint » qu’Arestrup, dans le sens où ce dernier « donne tout ce qu’il a », et semble, pendant presque 2 heures, s’être réincarné en officier allemand, il mériterait ce Molière ; en effet, son personnage doit argumenter, et cherche à plusieurs reprises ce qu’il va pouvoir dire pour que Paris reste sur pied : et Dussolier semble réellement réfléchir … Il y a des moments de silence, très profonds … où nos deux personnages réfléchissent chacun de leurs côté, ou encore se regardent, les yeux dans les yeux, laissant planer un silence inquiétant …

Enfin, 3 jeunes militaires, de jeunes comédiens, sont là également, et je ne trouve rien à redire ; ils  semblent effrayés par les renforts des Alliés qui entrent dans la ville, et renforcent l’atmosphère de tension qui règne déjà.

Notons également le décor (voir photo) ; austère, gris. Le jour se lève sur Paris, que l’on peut admirer en fond de scène.. Tout d’abord le noir, puis l’aube, et, à plusieurs reprises, quelques coups de fusils. Les drapeaux nazis sont également là pour nous rappeler le contexte.

Cela nous remet en mémoire également cette guerre mondiale, qui n’a été déclenchée que sous l’action d’un seul homme, un fou, comme nous le rappelle Dietrich von Choltitz avec rage et anxiété.

 En un mot comme en cent ; je crois que c’est le meilleur spectacle du moment ; il dépasse, il me semble, tous ceux que j’ai vus jusque là : il faut que tout Paris le voie, que tout Paris comprenne que, rien qu’avec le commandement d’un homme, « la plus belle ville du monde » aurait pu disparaître, emportant avec elle tous ses monuments, toute son histoire, et tous ses Hommes.

Placement : 1er rang, sans hésiter (à voir le samedi à 21h ; les personnages sont « échauffés » car ils jouent déjà à 18h…)